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Après un temps d’adaptation (hauteur et espace réduit), ça a été très agréable de découvrir la ville vue d’en haut, les différences de couleur du soir, au début très sombre et très nuageux, donc la tristesse s’installait, et dès que le soleil réapparaissait, une vague de douceur s’installait sur la ville, les arbres rayonnaient et les immeubles devenaient tout blancs.

Spectacle formidable, avec les Beauvaisiens qui circulent.

Je recommande cette veillée.

Vide de plein.

Veilleuse de la colère crépusculaire
Je ne sais qui t’a contrarié.
Malgré tes foudres et tes sanglots, qui m’ont mise à mal,
je suis là… devant toi à braver tes caprices de diva.

Un pas après l’autre, marche après marche,
tu m’accompagnes sous des trombes d’applaudissements.

Une heure, en apesanteur, actrice et spectatrice,
sous et dans ta lumière.

Étrange spectacle où la performance pyrotechnique flirte avec un arrière-fond de chants révolutionnaires…

Je suis ton unique public durant un temps… que toi seul maîtrises.

Tu t’apaises, tu t’éloignes tout en me faisant des rappels :
« Tu l’as vue, celle-là !? »

Des Mary Poppins apparaissent, ça roule…
La vie reprend.

Il était temps que tu reviennes à la joie !!!

Des vers luisants se donnent la réplique un à un,
lumières de la nuit qui s’approche cette fois,
près des vitraux qui sommeillent,
embrassant ma loge de sentinelle d’un soir
pour mettre en lumière ta colère crépusculaire.

Veilleuse à l’aube du 1er mai

La nuit se retire doucement,
Et je me tiens là, veilleuse comme l’ombre et la lumière au soleil levant…
Ici à Beauvais…
Les pierres gardent la mémoire des pas anciens.

Ma famille a connu la guerre, les peurs, les absences, la faim…
Et pourtant la vie a persisté…
Fragile, tenace, lumineuse et solidaire.

Ce matin, je me tiens debout devant ce ciel rouge.
Je me tiens debout pour eux, pour leur courage discret, pour leur espérance intacte, pour leur espièglerie d’enfants, pour leur humilité.

Le soleil se lève, sans bruit, comme une main chaude posée sur le monde.
La lumière glisse sur les toits, s’accroche aux fenêtres, effleure le paysage et réveille doucement les cœurs. Les oiseaux valsent dans le ciel bleu avec légèreté.

Peut-être que le bonheur ressemble à cette lumière. Il ne force rien, il apaise, il frôle, il enveloppe, il réchauffe, il révèle…

Alors en ce matin du 1er mai, je dépose des graines invisibles, des graines de paix, de douceur, d’espérance et de vie.
Qu’elles voyagent dans les rues, qu’elles se posent sur les épaules fatiguées, qu’elles entrent par les fenêtres entrouvertes et fleurissent là où nous ne les attendons plus…

Et tandis que l’aube ouvre le ciel, je fais ce vœu :
Que le jour naissant devienne une rivière d’or et que nos cœurs apprennent à y apprivoiser la douceur du monde ! Prenons soin de cette lumière, que le jour s’ouvre dans nos cœurs.

Parenthèse enchantée

Arrêt sur image, courage !
Bruissements d’ailes, s’éveillent
Crissements de pneus, c’est le feu
Disruptif, effectif
Effigie d’une vigie
Facile ou difficile ?
Grisant, dans le vent
Habitudes rompues, il a fallu
Inédit, au ralenti
Joie qui renvoie
Klaxons qui résonnent
Liberté détournée
Monotonie qui s’ensuit
Nuit progressive, posture lascive
Opportunité, sans aspérité
Pigeons voleurs, sans rancœur
Qualité du moment, bel instant
Rupture du quotidien, avec lendemain
Salut de la lune, sans être à la une
Turpitudes de la vie, m’assourdissent
Unité du paysage, beau visage
Vol des oiseaux, tout là-haut
Wagons rattrapés, après l’arrêt
Xanax au réveil, de la veille
Y… ? Hiver !
Zou !! Je reprends ma vie, CARPE DIEM !

Exercice intéressant. J’ai l’habitude de le faire, mais pas dans les mêmes conditions. J’ai eu la sensation d’être emprisonné dans une cage, d’être cloisonné, d’être bridé jusque dans mes pensées.

Très beau lever de soleil mais très éblouissant.

Merci pour l’expérience.

Je deviens veilleur, je me sens guetteur dans une tour de château fort. Je guette au loin les renforts attendus, les ennemis redoutés ? Je veille depuis la hauteur la vie humaine qui s’achemine, marchant, courant, portant, en groupe, à deux, seule. Une vie humaine, ce n’est pas rien, pas bénin, je me sens comme un sourire protecteur. Je suis seule, je suis protégée… Je veille.

Une fillette passe et repasse sur sa trottinette. Elle lance la jambe arrière pour démarrer, elle garde l’équilibre, elle file. Tout s’arrête, faut recommencer le mouvement.

Un résumé d’une vie ! Recommencer dans l’arrêt, garder le cap et le mouvement pour avancer.

Une femme âgée passe d’arbuste en arbuste dans son jardinet de résidence collective. « Toi, tu as soif. » « Oh ! Quelle belle fleur, et tu as des boutons prometteurs… » Elle passe, courbée de-ci, de-là, pour prendre soin d’une vie végétale, c’est touchant !

Les oiseaux semblent libres et heureux ? Dans cette ville très habitée. Ils vont haut, les avions laissent des traces dans le bleu, ils sont encore plus hauts. Mais après le haut, il y a toujours plus haut.

Je fatigue d’être debout et détache mon regard pour des pensées intérieures. Mais non, faut guetter, c’était dur d’être guetteur dans sa tour. Puis mes pieds s’enracinent, je deviens tour, bloc, je ne sens plus, c’est différent. Je reprends ma veille, je suis émue de l’humain. Je ressens du bonheur et de la compassion. C’est bon à vivre, tout cela en expérience.

Les premières lueurs orangées du soleil apparaissent à l’horizon sur le matin qui s’éveille doucement.

Le matin n’est plus si calme, avec les premiers gazouillis des oiseaux, les premiers moteurs qui vrombissent, les premiers avions qui décollent.

Le soleil continue à apparaître, plus intime, plus éblouissant, le paysage est plus difficile à observer. Se mettre sur le côté pour se cacher du soleil et de nouveau observer l’horizon… Puis la chaleur des premiers rayons se fait ressentir sur le visage, sensation très agréable.

Trois signes de la main d’employés qui décorent les plantes qui se trouvent sur le parvis du théâtre.

Quelle belle aventure dans un si petit espace.

Le temps passe vite.
Le ciel est clair, pas un nuage à l’horizon.

Dans le ciel, des hirondelles virevoltent, des avions partent, un corbeau noir majestueux vient se poser sur la terrasse. Devant moi, les toits, les cheminées, le haut des arbres, les feuilles qui frétillent.
Sur le parvis, un couple est assis, une petite fille fuse avec sa trottinette rose. Cette famille sera présente tout le temps de ma veille.

Je suis en place, j’ai absorbé l’environnement, je respire.

Je pars imaginer ce qui se vit au-delà des fenêtres et des murs. Le ciel est le même pour tous à cet instant et pourtant des gens pleurent, des gens rient, des gens jouent, des gens crient, des gens s’aiment, des gens s’ennuient : ainsi va la vie !

Je pose mon regard au-dessus de ces toits et impulse de la douceur (que j’aimerais avoir ce pouvoir !).

Je reviens sur le parvis : la famille s’est agrandie, une autre petite fille et une mamie, une autre femme et sa fille. Peut-être ne sont-ils qu’amis ou voisins ; on se croirait en Italie quand chacun sort de chez soi pour se retrouver sur le trottoir et discuter. Je reviens au ciel. Le soleil me fait un clin d’œil dans les vitres du château d’eau, il reste un instant et me ramène au temps qui s’est suspendu.

Je suis paisible. Je profite de ce calme, de cet instant précieux sur lequel la nuit se pose.

Les réverbères s’allument et je reviens aux lumières, les phares de voitures, quelques fenêtres s’allument.
La petite famille est toujours là, peut-être vais-je les croiser en sortant, et les applaudir pour cette jolie scène de vie qu’ils m’ont proposée.
Le ciel est beau, toujours aussi clair au-dessus de moi et paré de gris rosé en face de moi.

Merci pour cet instant !

Merci à mon accompagnatrice qui m’a mise en confiance et a veillé sur moi !

Impression de soleil levant

Beauvais renaît ce matin du 28 avril et la lumière revient éclairer cette cité en train de se réveiller.

Tel un plateau de théâtre ou un éclairage, diffuse au-dessus des nuages cette lumière du soleil se levant le matin sur la ville.

Le décor évolue pendant une heure et le morcellement des nuages laisse passer de plus en plus la lumière matinale.

Le spectacle de la vie à Beauvais peut ainsi commencer et chacun vaquer à ses occupations.

Le son diffus du matin évolue et l’on sent l’évolution de l’activité au centre-ville.

Le grand plateau du théâtre qu’est Beauvais est ainsi bien vivant par sa lumière, ses bruits et l’activité humaine qui s’installe pour une nouvelle journée.

La journée s’achève et me voici redescendue de mon poste d’observation. Une heure à poser mon regard vers l’horizon, repérer au loin des édifices du paysage beauvaisien, notamment le clocher de l’église de Notre-Dame du Thil et, plus près, tourner la tête pour voir le coq étincelant de l’église St Etienne.

Une heure seule, en haut, mais aussi accompagnée par les éclats de voix des enfants qui jouent sur le parvis du théâtre, profitant de la douceur printanière ; connectée quelques instants avec trois personnes qui quittent le théâtre, se retournent et me font signe ; reliée à toutes les personnes qui ont veillé avant moi et celles qui me succéderont, dès demain matin.

La beauté réside dans la variété de la gamme chromatique de la végétation, des bâtiments, du ciel qui se pare d’un « rose crépusculaire ».

La nuit est tombée, et je repars avec sérénité et quiétude, forte de cette expérience unique.

Que dire ?

Prendre le temps d’admirer le paysage d’une partie de la ville… Je ne pensais pas dire cela un jour, mais cela a été une bonne expérience même si, honnêtement, j’ai du mal à comprendre le point de vue artistique de tout cela.

Pour décrire ce paysage, je dirais qu’il était simple.

On ne se rend pas compte à quel point le soleil se lève vite. Pour moi, ce soleil reflète assez bien cette ville. Il ne devait pas être autant caché, coupé ni même flouté par moments. Un soleil vraiment très timide, gêné et masqué pour bien refléter la ville. Des Beauvaisiens à l’image de ce soleil.

Je dois quand même admettre que cela apaise bien le corps et l’esprit. J’espère qu’un jour je pourrai revivre cette expérience avec une vue et un panorama beaucoup plus grands. Merci !

Les rues se vident,

La ville se calme, s’apaise, s’endort.

Soudain, j’aperçois deux dames qui pointent vers moi leur téléphone et me font des signes. Je leur réponds par les mêmes mouvements de la main. Elles sont loin, mais je crois reconnaître Madeleine. (Madeleine, c’était bien toi ?)

Non, la ville ne dort pas, pas encore.

26 avril 2026, tu aurais eu 84 ans, mais la maladie t’a emportée il y a 1 an et 18 jours. C’est à lui que je pense aujourd’hui, alors cette veillée a beaucoup de sens pour moi.

D’abord, l’excitation, repérer les bâtiments et monuments que je connais. Puis ce point rouge, au loin, ce soleil qui annonce déjà une belle journée de printemps.

Lorsque la joie de cette vue, que j’apprécie beaucoup, s’estompe, je me retrouve seule, face à moi-même, avec mes pensées, pas toujours positives.

Une heure pour moi, une heure face à l’immensité, la ville, mais surtout une heure face à moi-même. J’ai observé, mais on est dimanche, je n’ai vu qu’un seul piéton, une dizaine de voitures, beaucoup d’avions lointains, et 2 atterrir. Où vont-ils ? D’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Et moi ? Qui suis-je ?

Une heure pour me connecter à moi-même, une heure suspendue entre ciel et ville endormie. Le temps est ralenti, mais il a laissé place à l’essentiel, dans cette bulle de verre, bercée par la lumière du lever du soleil. J’ai vécu une expérience douce, presque irréelle, que je n’oublierai pas.

Merci.

Tout d’abord, il m’a fallu m’habituer à l’espace, puis j’ai découvert le panorama et situé les quartiers à ma vue.
L’espace extérieur m’est apparu très verdoyant. Dans un premier temps, le ciel était plutôt gris, strié de bleu.
Des enfants jouent sur le parvis et le bruit de leurs jeux monte jusqu’à moi.
On pense être à l’abri dans ce petit espace ; pourtant, les bruits de la ville montent jusqu’à moi.
Petit à petit, la lumière s’éteint sur les immeubles d’en face.
Les réverbères s’allument progressivement.
Et le ciel a changé de couleur.
À droite, le bleu est majoritaire, alors qu’à gauche, c’est le rose.
J’avoue avoir passé un moment à observer sans être réellement vue.

Merci.