J’ai rejoins avec fierté les Veilleurs.
Je suis à l’heure qui vient de s’écouler, une Veilleuse ! J’ai choisi ce temps suspendu de début de soirée comme un point de ponctuation à mes activités et celles de la ville que je regarde. Je suis en vigie comme sur les toits de l’église Saint Etienne. Je suis en vigilance, je veille sur la ville, les êtres vivants humains et non vivants que je vois tout en bas. Etre en vigilance, veiller… sur moi-même, sur les autres, sur la nature qui environne la ville.
Avide de la découverte de mes sensations au début, impatiente ensuite, puis méditative et apaisée à la fin de ce temps arrêté. La nuit approchant, les lampadaires de la ville se sont allumés sous les arbres, sur le parvis du théâtre. Le cadre lumineux de ma cabine de veille s’est reflété dans la vitre, donnant à voir comme dans un tableau, la paysage de la ville mi urbaine mi boisée.
J’ai aimé méditer là, ici et maintenant.
Merci !
Aujourd’hui, la ville est en effervescence !
Entre les voitures qui se chahutent pour une place, les gens qui affluent de part et d’autre de la ville, les motos, les cars, les secours qui circulent beaucoup !
Et on entend »le chauffeur de salle » et les gens qui hurlent !
Ne serait-ce pas pour un concert ?
Et oui, le NRJ Music Tour est à Beauvais ce soir.
Voyage en introspection …
Plus veillé … que veilleur.
Temps dégagé, très légère brise, lumière déclinante et couleurs presque automnales. Je prends ma veille comme je prends mon quart sur le bateau …
Veiller en constance, avec présence, regarder, écouter, ne pas laisser dériver la pensée.
Veiller pour se réveiller et s’extirper de la trépidation du quotidien.
Veiller pour s’éveiller à un autre rythme, une autre voix intérieure, une autre respiration.
Veiller pour s’émerveiller du paysage et de ses mouvements perpétuels et intemporels.
Veiller pour que la flamme de la chandelle puisse éclairer, vaciller et ne pas s’éteindre.
Veiller pour que l’essence de l’art et du théâtre perdure dans notre civilisation.
Veiller …
Espérer s’arrêter, oui en théorie … s’arrêter de bouger, stopper le temps, capturer ce moment à moi ! Et finalement, observer les vas et vient continuels, les jeux des enfants, le vol des oiseaux, le manège des voitures … Même les nuages viennent me saluer, même le soleil m’offre un dernier rayon, même mon esprit vagabonde. Que c’est bon de rêvasser et de s’arrêter pour une heure. Une heure pour soi, une heure dans une vie, une heure dans mon corps.
Veiller, c’est garder en mémoire cette ville qui a vécu tant d’heures plus ou moins sombres ou joyeuses. Veiller sur elle comme plein d’autres avant moi et pleins d’autres après moi.
Tellement de pensées, d’émotions, de sensations, c’est peut-être ça vibrer …
J’ai été accaparée par le bruit qui m’a »oppressée ». Il s’est atténué assez rapidement mais a continué en bruit de fond, fatiguant.
J’avais chaud, je n’ai pas réussi à me concentrer sur mon »intérieur ».
J’étais interrogative : où allaient ces personnes, d’où elles venaient, étaient-elles attendues ? Pourquoi ces enfants sont-ils encore dans la rue alors qu’il y a école demain !
Les oiseaux et insectes se sont raréfiés rapidement.
Je me suis amusée à suivre l’ombre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de soleil sur les bâtiments. Le ciel changeait au fil du temps, des couleurs magnifiques sont apparues et les nuages avaiant disparus. Le ciel semblait paisible, calme. Mais la circulation, la vie urbaine, étaient toujours en mouvement. Les lampadaires ont pris le relais.
L’heure, rythmée par les cloches, finalement est vite passée … que l’on est bien au calme !
Je glisse mon regard dans le point de vue des nombreux veilleurs précédents. Ma curiosité satisfaite, mêlée à un petit vertige, je vois de plus en plus, j’entends des oiseaux … c’est beau !
Les lumières changent, fruit de la mécanique des astres, modulée par les troupeaux d’eau dans le ciel.
Quand vient l’heure rose, un clocher s’illumine et au mouvement des éoliennes lointaines répondent les papillonnements des insectes volant face à la vitre.
La lumière des veilleurs crée un cadre, je vois une carte postale, un tableau unique et animé. Je suis curieuse de découvrir la carte postale des autres veilleurs.
Merci pour l’accompagnement de cette veille.
J’ai trouvé la ville étonnamment calme pour un samedi soir …
Les couleurs dans le ciel étaient particulièrement belles, j’avais l’impression d’être face à un tableau !
Être là,
Être là pour observer ce toit.
Être là pour regarder les défauts ou les irrégularités des blocs de béton.
Être là pour admirer, questionner, comprendre cette famille qui joue, déambule, discute sous mes yeux, pendant mon observation.
Être là en altitude, à observer, son être, peut être.
Être là par le bruit incessant de la machinerie mais surtout de la rue et de la circulation.
Être là dans la nature, des jardins des voisins, des parcs de la ville, des bois alentours.
Être là dans les nuages qui évoluent au fil du temps.
Être là dans la lumière jouant sur les toits.
Être là aussi chez soi, en se questionnant ou pas.
Être là, juste être là.
Je suis d’abord surprise par le bruit de la ville, des sons qui arrivent de la circulation des voitures, mais surtout des motos, des bus, des musiques à fond.
Puis, accoutumée aux sons, mon regard peut se porter sur la ville, j’en découvre alors tous les arbres, partout des touches de vert avec des dégradés de tous les verts possible, un écrin de verdure qui entoure les habitations.
Le ciel est bleu et propose toutes ses nuances, percé de temps en temps par une trace d’avion. Et petit à petit, la luminosité descend, les lumières de la ville s’allument et sur la vitre se projette la lumière de mon cocon; un nouveau cadre lumineux se pose dans ma perspective comme un cadre de tableau. J’ai une nouvelle photographie que je garderai jusqu’à la fin de ma veille.
Cette expérience m’a permis de découvrir la richesse des arbres dans notre ville.
Quel effet de rentrer dans cette colonne suspendue en haut du théâtre de Beauvais, offrant une vue inattendue sur une partie de la ville.
Ville que je croyais bien connaitre, mais je découvre un magnifique cèdre sur le parking, rue de la Tapisserie, des bâtiments que je ne reconnais pas et un aspect général plutôt vert et arboré. J’imagine les différentes étapes de reconstruction de la ville en fonction du style des immeubles et de la couleur des toits.
Et j’observe les ombres grandissants avec le soleil couchant et surtout celle de ce théâtre, se projetant sur l’immeuble d’en face jusqu’à le couvrir entièrement.
Le ciel est très pur, sans nuages et devient rosé une fois le soleil parti.
Clou du spectacle : quand la pénombre arrive, le cadre lumineux se reflète dans la vitre et apparait comme suspendu dans le vide, comme pour me dire »Regarde encore ! ».
Merci pour cette belle expérience, ce temps calme, cette prise de hauteur et le partage à venir.
Imaginé comme un moment suspendu, un moment à soi … et pourtant … dans cette cité, tout est vie, les clochers qui sonnent, les enfants qui jouent sur le parvis.
Le regard se pose, cherche les lieux familiers, inconnus. Le ballet des nuages est rapide, au rythme des émotions qui tourbillonnent et pourtant… la lumière s’adoucit, le vent également et sur le même temps, le flux intérieur s’apaise. Un moment hors du temps ? Veiller c’est regarder le temps qui a défilé et demain tout recommencera et je m’en réjouis.
Il s’agit de ma deuxième veille. La dernière fois c’était le vendredi 2 janvier, matin : verglas périlleux, froid intense. Quel contraste !
Cette fois-ci j’ai été captivée par les jeux de lumière sur l’horizon qui ont attiré mon attention tour à tour sur les éoliennes au loin, puis sur la clinique du parc, ensuite sur le centre pénitentiaire tous éclairés en blanc par ce soleil couchant invisible.
Au mois de janvier, j’ai pu discerner beaucoup mieux les différents bâtiments des quartiers car il y avait, bien sûr, très peu de feuillage sur les arbres. Ce soir, je me suis plutôt régalée à regarder le manteau vert de toutes ces essences d’arbres qui embellissent notre ville, malgré les importantes sécheresses de cet été.
Beauvais un matin d’hier en début d’année civile, Beauvais un soir de début de rentrée scolaire. Je termine ma dernière veille pensive, nostalgique et en même temps apaisée et reconnaissante.
Me voilà encore une fois dans cet espace clos : tout est silence. Cette fois ci pour une veille du soir.
J’aime ces moments de solitude, où rien ne vient faire obstacle à mes pensées. Je n’ai toujours pas réussi à identifier l’église en face de moi, ni celle au loin. Un avion a décollé et du coup j’aperçois les éoliennes au loin. J’observe une petite fille qui résiste à son père et ne veut pas le suivre. Alors, il s’assoit et la petite fille joue seule dans son coin, la maman arrive et s’installe à l’opposée du père. La petite fille va de l’un à l’autre mais se fait rembarrer.
Le soir descend et le ciel se pare de couleurs dans les teintes roses et violacées.
Je ne regrette pas d’avoir fait les deux veilles. Merci pour ces moments à part.
Une belle expérience,
en dehors du temps,
un instant,
la ville qui danse,
en mouvement,
ça donne envie de danser aussi,
respirer, s’arrêter,
écouter le son,
observer toutes les couleurs,
tout s’accélère et se pose en même temps.
Merci.