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Aujourd’hui, je veille une fois de plus. Mais cette veille a un goût particulier pour moi. Étant en vacances au mois d’août et après de nombreux accompagnements depuis le mois d’avril (presque tous les soirs), c’est sans doute la dernière fois que je veille.

J’avais pris l’habitude de cette routine du soir. Arriver au théâtre, recopier les témoignages, puis veiller ou accompagner le veilleur. Ça va quand même me faire un petit pincement au cœur, moi qui prenais tant cette mission à cœur. Mais toutes les bonnes choses ont une fin !

J’espère avoir été une bonne accompagnatrice et une bonne veilleuse.

Merci au Théâtre du Beauvaisis et à Manon pour leur confiance. Merci à tous les veilleurs que j’ai pu rencontrer et merci aussi aux accompagnateurs (notamment Louis, Nathalie, Anaëlle et Mathilde).
Et maintenant, il ne me reste qu’à souhaiter bonne veille aux futurs veilleurs. Puissent-ils être nombreux afin de ne pas briser cette belle chaîne humaine !

Ce soir, j’ai veillé. Il faisait chaud, encore la canicule.

J’ai veillé en silence le temps d’une heure, comme on veille un ami cher, un souvenir précieux. J’ai veillé lorsque la ville commence à retenir son souffle et les bruits s’apaisent. Malgré tout, la ville n’était pas encore silencieuse. Un brouhaha de fin de journée.

Je travaille encore à Beauvais, mais je n’y vis plus. Pourtant, tout m’y est familier. Certaines villes nous façonnent et Beauvais est une part de mon histoire. On peut quitter une ville sans cesser de lui appartenir un peu…
Alors, pendant cette heure, je n’ai pas choisi de changer ma ville. J’ai choisi simplement d’être là. Je lui ai offert ma présence, mon regard, mon affection. J’ai offert mon regard à ceux qui marchaient en bas sans savoir qu’une présence bienveillante les regardait.

C’est peut-être ça, veiller : rappeler par une présence discrète que personne n’est complètement invisible.

Quand l’heure s’est achevée, je suis repartie. J’ai pensé à ceux qui passent, qui vivent là, y travaillent, seuls ou entourés et qui, comme moi, la (re)gardent dans un coin de leur cœur.

Parce qu’il y a des villes que l’on habite et d’autres qui vous habitent pour toujours…

De nouveau l’émerveillement devant ce « morceau » de Beauvais inséré dans cet écrin de verdure !! Que c’est vert ! Je ne m’en rends pas compte quand je me promène en centre-ville.

La lumière s’adoucit dans la chaleur de ce jour finissant. Les pigeons sont toujours là, mais plus aucun intérêt pour l’abri de verre ! Un martinet me rappelle qu’ils sont nombreux, maintenant, à jouer dans le ciel beauvaisien.
Les bruits sont très présents : toujours les bus, les camions-poubelles, les pétarades de plusieurs voitures, des bruits de voix qui montent, mais impossible de savoir d’où viennent ces voix.

Cette fois, des groupes de personnes ont levé la tête, m’ont fait signe : moment important pour moi, j’ai senti le fil qui me relie à chaque veilleur !

Il est 20 h 42. Je démarre ma veille en regardant la ville, en essayant de repérer le stade, le quartier Argentine, Marissel… Puis, des pigeons passent. Je les regarde voler. J’ai une pensée pour mon mari qui les aimait tant.

Il fait beau. Le ciel est bleu. Mais nous sommes fin juillet, beaucoup de personnes sont en vacances. Quelques promeneurs, un papa avec sa fille. En fait, le papa joue au ballon. C’est amusant. Les quelques passants sortent les chiens. Une dame sort de son appartement pour fumer.
C’est bizarre de prendre le temps de regarder les gens vivre, de laisser son esprit vagabonder. Quand j’ai commencé, je me suis dit : « Ça va être long » et, en fait, quand la veille se termine, je suis surprise qu’elle soit finie.

C’est une expérience que je ne regrette pas. Merci de l’avoir permise.

Un moment hors du temps.
Quelle belle leçon sur la notion du temps.
Les immeubles figés, les arbres, les nuages qui bougent… Que la vie est belle !
Il nous faut la savourer avant que tout bascule.
Merci de m’avoir permis de vivre cette expérience.

Initialement, je ne devais pas veiller ce soir, mais le destin en a décidé autrement. Alors, j’en ai profité pour me poser, me détendre, ralentir dans un monde où tout va toujours trop vite.

Merci, le destin, de m’avoir permis de veiller à nouveau ce soir !

Une soirée calme sur Beauvais. 

Une jolie petite famille sur le parvis. Celui que je suppose être le père s’amuse avec deux petites filles toutes les deux habillées en rose. 
Finalement, ils rentraient tous bien dans ce cadre lumineux. 

Une image à garder en tête.

Première fois.

Je voulais faire cette expérience car tous les jours, de ma fenêtre, je vois les différentes personnes observer Beauvais en me demandant ce qu’elles peuvent bien voir de là-haut.

Je voulais être surprise et je n’ai pas été déçue. Finalement, Beauvais est presque aux antipodes des villes que l’on peut voir d’habitude, avec des écrins de végétation par-ci, par-là. Ici, c’est l’urbanisation qui devient écrin de la végétation verdoyante partout dans et au-delà de la ville.

Puis, côtoyant cette partie de Beauvais tous les jours, je me suis mise à avoir un point de vue différent et à regarder réellement les bâtiments, leurs formes et tous les détails qu’on ne voit pas d’en bas.

Je suis contente d’avoir participé à cette expérience, même si mon avis (négatif) sur cette ville demeure ; vue d’en haut, elle a tout de même un charme qui lui est propre.

2ème veille pour moi, j’ai eu la chance de réitérer l’expérience. Expérience totalement différente. La première fut en hiver.

Aujourd’hui, mon esprit était concentré sur une mauvaise nouvelle apprise dans la matinée. Mais mon regard s’est porté sur cette petite famille au pied du théâtre où les deux petites filles jouaient au ballon et faisaient de la trottinette.

Le temps m’a paru rapide, sauf les dix dernières minutes. Les petites filles étaient rentrées, le parking ne bougeait plus et les passants qui promenaient leur chien rentraient chez eux. La ville s’éteint doucement. Les quelques voitures au feu allument leurs phares. J’ai toujours la sensation d’être invisible aux yeux des personnes en bas. Expérience différente où j’ai eu du mal à me concentrer sur l’extérieur comme lors de la première expérience.

Merci pour cette veille.

L’Espagne a finalement gagné la Coupe du monde 2026. Évidemment, je n’apprends rien à personne, mais c’est un moment qui a marqué cette année.

Cette série de témoignages, au-delà de recenser les sentiments et les impressions de chacun, est une trace de ce que nous vivons actuellement. Il ne s’agit pas de politique ici, ce n’est pas l’objectif ; mais quand on observe le monde comme nous le faisons, il est impossible de passer à côté de ce qui change notre société, pour le meilleur comme pour le pire.

Peut-être les différents livres d’or utilisés pour ce projet seront peut-être retrouvés et étudiés dans le futur.

C’était une veille calme aujourd’hui. On sent que les gens commencent à partir en vacances et que les touristes les remplacent peu à peu.

En effet, plusieurs personnes se sont arrêtées devant l’objet-abri et semblaient intriguées. Puis, ils m’ont fait « coucou ! ». Je retiens cette voiture qui s’est arrêtée sur le parking pour changer de conducteur (ils partaient certainement en vacances). Quand ils m’ont vue dans l’objet-abri, ils m’ont fait coucou et m’ont applaudi !

Ça m’a fait chaud au cœur !

Aujourd’hui, j’avais besoin de ce moment de calme et de méditation après une forte période de stress. Merci pour cela !

J’aimerais aussi évoquer le fait qu’il y a un certain nombre de bruits parasites qui ne sont pas rassurants quand on est seul dans le théâtre. Par exemple, je me suis fait peur toute seule avant la veille… J’étais dans le bureau pour recopier les témoignages des veilleurs et une porte s’est refermée toute seule…

Serait-ce le fantôme du théâtre ?

Je ne l’espère pas et j’ai eu du mal à me mettre dans l’ambiance de la veille après !
Au final, tout s’est bien passé, tout est redevenu calme.
(C’était sûrement à cause de mon stress.)

Le petit garçon à la trottinette ;
L’avion qui frôle les immeubles, jusqu’à s’y poser ;
Le panneau lumineux que l’on voudrait pouvoir réussir à lire ;
Le ballet des martinets, toujours plus hauts dans le ciel ;
Les deux petites filles, trottinettes, sacs à main, bonbons partagés ;
Les bruits de la ville, la ville a ses bruits ;
Les lampadaires qui s’allument, la veille est proche de la fin ?
Un chien qui promène son maître qui regarde son téléphone ;
Les églises et leurs clochers, proches et lointains ;
Une femme qui titube, disparaît sous les arbres, réapparaît… jusqu’où ?
Impression d’avoir veillé sur ces instants, ces personnes, ces petits bouts de vie.

C’est une expérience qui permet de se recentrer sur soi-même, de se reconnecter, de s’écouter. Je suis surprise de me rendre compte que c’est un temps « hors du temps » dont j’avais grandement besoin.

Merci pour cette parenthèse, je n’oublierai jamais ce que j’ai découvert dans ce silence. J’ai entendu du bruit et pourtant, j’en ressors apaisée, comme si on m’avait coupée du monde.
Je me demande pourquoi je ne l’ai pas fait plus tôt, tellement c’était beau, intense et coloré.