Dans les hauteurs de Beauvais, je me suis senti petit. Un oiseau traversait le ciel sans se demander où il allait. Il avançait. J’ai compris que la vie, parfois, ressemble à cela. Continuer son chemin sans toujours connaître sa destination. J’ai regardé Beauvais comme on regarde sa propre existence. Immense quand on la voit, minuscule quand on prend de la hauteur.
Hauts-de-France et son ciel chargé. Dommage pour le soleil et le ciel masqués par les nuages et le ciel blanc-gris.
Depuis cet abri, la ville s’est dévoilée, remplie d’arbres et de constructions bien différentes.
La visite sous forme de danse des hirondelles a égayé mon regard porté. Les couleurs des arbres se sont modifiées pour afficher différentes teintes qui ont été comme un beau tableau à contempler.Merci pour cet instant au-dessus de la ville.
Une expérience très agréable.
Surprise !
D’abord prise par surprise pour faire cette veillée pas prévue. Ensuite, surprise par la faible hauteur de la cabine, j’imaginais être beaucoup plus haut au-dessus de la ville après être montée à plus de 6 étages. C’était chouette d’être au-dessus des oiseaux qui volent, mais j’ai encore été surprise par des pigeons venus roucouler au-dessus de la cabine.
Surprise par un ovni qui, j’avais l’impression, fonçait droit vers moi… Puis, surprise par sa trajectoire, l’avion a vite dévié pour disparaître derrière les bâtiments, les tours du quartier Argentine.
Surprise ensuite par le nombre d’avions qui défilaient. Au départ, je pensais être comme « mise en scène » dans cette cabine de verre avec un beau cadre lumineux, puis finalement, surprise de constater que j’étais toute petite dans ce vaste cadre et que le cadre lumineux était inversé. La ville était encadrée.
Puis, surprise par des passants qui savaient que j’étais là… J’ai eu des coucous au loin.
Surprise par le bruit de la ville qui avait l’air de peiner à s’endormir.
Surprise par la circulation : des voitures, des ambulances, le ramassage des déchets, beaucoup de bus en circulation et l’air qui amplifie le son, le bruit de cette circulation.
Surprise par les nouveaux petits « bois », des coins arborés… Pas mal de verdure finalement.
Surprise par la longueur du temps. 1 heure passe d’habitude très vite, trop vite. Là, le temps s’est comme arrêté !
Ce soir, j’ai été captivée par la beauté du ciel !
Mais j’ai surtout enfin vécu le moment que j’attendais : voir des spectateurs sortir du théâtre !
Pour une fois, beaucoup de personnes ont levé la tête pour me faire « coucou ». Des spectateurs, comme des passants.J’espère que cela les incitera à veiller !
C’est si chouette de faire partie d’une ronde vivante et diverse.
J’ai d’abord trouvé la chaleur du soleil visuellement réconfortante. Puis, c’est le corps que cette chaleur a réchauffé.
Pour avoir parfois peur de ce monde, de son effervescence, de sa noirceur, j’ai adoré cette position rassurante. La tête dans les nuages, à observer les oiseaux. Le regard au loin, qui n’a découvert que très tard les moulins. Les yeux vers le bas : la rue, les arbres, les commerces fermés, les voitures et de rares passants.
Me sont venues ces paroles d’Axelle Red pendant la veille :
« Prendre le temps, suivre mon intuition.
Croire en le bon, flâner dans les champs,
Appelez-moi “ naïve ”. »Bravo et merci.
Vues réelles et imaginaires de notre abri : on observe, et sa hauteur permet de voir d’en haut la vie d’en bas. Ce n’est qu’un point de vue.
Imaginons une vision depuis un autre point de Beauvais (Saint-Étienne, le quartier Argentine ou d’autres points hauts de la ville). Notre vision serait alors complètement différente, et l’on pourrait imaginer quadriller la ville grâce à tous ces points d’observation. Si l’on croisait tous ces points, on pourrait reconstituer les mouvements et la vie à Beauvais.
L’été offre une vue très différente, grâce à sa lumière, elle-même différente et variée, comparée à celle des autres saisons.
Le parvis du théâtre, vu depuis l’abri, est un véritable chemin vers la découverte de la culture, qui se décline dans les différents spectacles proposés par le Théâtre du Beauvaisis.
Le réel et l’imaginaire font ainsi partie de nos perceptions à l’issue d’un spectacle.
Du haut du théâtre, tout va bien.
D’habitude, on va au théâtre pour voir, peut-être parfois pour être vu en train de voir. Là, tout est inversé. Le théâtre lui-même devient spectateur et la ville elle-même devient théâtre.
C’est une « réalité-spectacle », intérieure et extérieure.
J’ai vu la lumière apparaître, les mouvements chorégraphiques du matin, et j’ai également vu quelques images du passé. Une image mentale intérieure qui montre que ce rendez-vous est aussi un rendez-vous avec soi-même.
Un rendez-vous-cachette que je suis heureux d’avoir vécu.
Après une journée banale, au temps maussade, j’ai eu l’occasion d’assister à un merveilleux coucher de soleil. Et j’ai même eu la chance de voir deux arcs-en-ciel me tenir compagnie durant la majeure partie de ma veille.
La fameuse lumière blanche à laquelle j’ai pensé ce matin.
Dommage, vous n’y aurez pas accès via mon bi-portrait. Je garde ce souvenir pour moi et vous laisse malgré tout un doux ciel rose.
Je le sais d’avance : je pars pour une journée de veille. En effet, personne ne s’est senti d’humeur à veiller en ce lundi.
Le soleil a tenté une percée derrière ce mur gris qui laissait néanmoins deviner le bleu du ciel.
Ces parcelles de clarté me rappellent une vidéo que j’ai vue sur les réseaux sociaux : les yeux bleus, comme le ciel, ne présentent aucune trace de pigments bleus physiques. Ce n’est qu’une illusion d’optique.
Fun fact n° 3 : Les molécules de l’atmosphère diffusent mieux la lumière bleue que les autres couleurs qui composent la lumière blanche du soleil. C’est ce qu’on appelle la diffusion de Rayleigh. C’est pour cela que nous percevons notre ciel comme bleu.
Moment unique qu’il me tarde de partager avec ma fille, qui a également participé à cette expérience.
J’ai veillé sur la ville et les hirondelles ont veillé sur moi.Merci pour cette belle expérience.
Qui m’aurait dit que, 23 mois plus tard, je me tiendrais debout face à cette magnifique ville de Beauvais, qui m’a adoptée il y a presque 27 ans…
Merci, la vie !
Il ne m’aura pas fallu longtemps pour vous retrouver.
Une veille plutôt calme et, en même temps, comment pourrait-il en être autrement un samedi matin, à même pas 6h !
Je devine le soleil derrière la masse grise ; il se montre de temps en temps. Je fais le point sur ma vie et mes projets du moment, l’instant s’y prête. Un peu de poésie pour cette nouvelle info, parce que mon humeur s’y prête aussi.
Info/fun fact n° 2 : Depuis le début du printemps, les veilleurs du matin évoquent souvent le chant des oiseaux. Ce phénomène, à un moment précis, s’appelle le « chœur de l’aube ». En cette période de reproduction des oiseaux, ce sont d’ailleurs les mâles qui chantent le plus.
Les oiseaux sont la voix de l’aube, les veilleurs sont les yeux de l’aurore.
Veille très émouvante aujourd’hui pour moi.
Ces derniers temps, j’ai vécu une vague de décès autour de moi… Alors, j’avais besoin de ce moment de recueillement.
Un nuage en forme de plume m’a d’ailleurs accompagnée tout au long de ma veille.Mes anges gardiens ont dû veiller sur moi !
Une routine s’installe à veiller ainsi.
Vous avez certainement l’habitude de voir ma tête passer au fil des témoignages.
S’assurer que la chaîne ne se brise pas…Je repasserai sans doute par là au cours de ce dernier trimestre, alors j’ai décidé de vous livrer de temps en temps quelques fun facts et autres infos pour que nous nous couchions moins bêtes.
Info 1 : Combien de temps de notre vie passons-nous en moyenne devant un feu rouge ?
Réponse : 6 mois ! Une info qui prend tout son sens quand on veille en partie sur un carrefour…
À la fin de ce projet, nous avons donc veillé ensemble sur des allers-retours et des instants quotidiens pour tout un tas de personnes pendant 730 heures !
Tous les mots se bousculent, sautent puis disparaissent pour rendre compte de ce moment.
Partagée entre veille extérieure, curiosité presque urbaine pour ces bruits de vie, entre aperçus de loin et repli intérieur. Le temps s’est étiré et a sauté comme une vie contenue dans une goutte, une vie minuscule qui s’est écoulée en une heure et qui a suivi le rythme de la lumière, de son apogée lumineuse à son déclin.
Et c’est à la fin, lorsque l’obscurité bleue est apparue, que j’ai ressenti une forme de mélancolie pour un moment qui n’est pas fini, mais qui n’est plus vraiment.
Sans notion de temps, injoignable, au-dessus du monde, son fracas éteint et surveillée par les hirondelles.