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Mon père aurait eu 103 ans hier ! RIP.
Ma mère nous a quittés à l’âge de 48 ans. L’occasion de prier pour nos défunts et de retrouver les textes appris il y a plus de 65 ans ! « Pater Noster, qui es in caelis, ora pro nobis… et ne nos inducas in tentationem. Sed libera nos a malo. In nomine Patris, Filii, Spiritus Sancti. Amen ».

Prier pour nos proches et tous les innocents victimes des atrocités, et se demander comment va survivre l’humanité. Heureusement, ce jour (printemps ou bientôt !) réchauffe un peu plus nos cœurs et nos corps et éclaire (illumine) nos vies ! Cher soleil, continue cette mission longtemps et toi, veille sur notre bonne vieille Terre et planète. Merci. Ce vendredi, jour de fin du Ramadan, tu es généreux. Aide-nous à faire que les gens de toutes les races, religions… vivent en paix, fraternité, liberté ! Merci.

1 h. 60 minutes. 3 600 s : ça peut paraître long, mais le temps passe très vite. Pendant ce temps, des milliers de bébés sont nés, mais aussi des milliers d’êtres humains sont « partis », de mort naturelle, de l’ignorance, de l’imbécillité des autres ! Que reviennent la paix, la solidarité, l’amour entre tous et toutes !

À cette heure, Beauvais commence à vivre (seuls sont perceptibles les bruits des bus C1 et C2 !). Un ado est venu sur le parking, a posé son sac sur un muret, a dû consulter son portable, et a fait des « roues » sur le parvis de cette « cathédrale de la culture » !

Les indésirables pigeons de la place Jeanne Hachette sont passés dire « coucou » ! Des avions ont emmené des dizaines de passagers, peut-être à l’autre bout du monde ! Des gens ont garé leurs voitures, ont dû se rendre à leur travail !? Contents. Heureux. Inquiets !?

Une heure « seul avec soi-même » dans environ 1,20 m², à faire quelques exercices pour se détendre, réfléchir, compter… Ça passe vite !

PS : Un merci chaleureux à l’accompagnant du jour, Louis, pour sa bienveillance et sa présence !

Sans faire de bruit.

Mon accompagnatrice me conseille cette pièce qui passe au théâtre avant que nous ne comprenions y avoir été le soir même.

Dans l’objet-abri, je sens le bois, je vois devant moi l’ombre géante du théâtre qui accompagne mon corps, me dépasse, m’engloutit.

J’ai souhaité veiller car Joanne Leighton a aussi monté ce projet à Capdenac-le-Haut, ville du Lot où réside mon grand-père, il y a quelques années. Toujours sur sa table basse, le livre rassemblant les témoignages des veilleurs.

Je ne pensais pas veiller un jour, ni veiller à Beauvais. Mille yeux de fenêtres me toisent silencieusement. Tout bouge, sauf les arbres, enracinés comme je tente de le faire. Les jambes bourdonnent pourtant. Deux hommes s’adossent à une voiture et me regardent. Je pense à ce qu’ils pensent que je puisse penser.

Pour quelques minutes, le bout des arbres découverts semble flamboyer : du jaune au rouge, les branches s’enflamment sous les derniers rayons, rapidement absorbés par le théâtre. De l’autre côté de la vitre, une araignée me rend visite et veille quelques minutes à mes côtés. La nuit approche et ce verre ressemble de plus en plus à un miroir : apparaissent mes lacets, mes mains, le néon derrière moi… Bientôt, mon double noir me fait face, quelques centimètres plus loin, de l’autre côté, dans le vide, sans faire de bruit.

Boule de néon rouge, qui vire à l’orange et au jaune, jusqu’à trouver son éclat et sa chaleur, en même temps que la ville s’éveille.
L’excitation n’était pas en vain.
J’ai veillé là-bas où je suis née.
J’ai veillé ici où je suis devenue…

Veiller, comme si le temps était amour.

J’ai veillé plus longtemps là-bas, et là-bas je retournerai, après avoir veillé ici.

Depuis le temps que j’en parle. Je peux maintenant dire que je l’ai fait.
Merci pour cette belle expérience.
Veiller une heure, seule, avec soi-même.
Regarder le temps qui passe, la vie.
Un temps suspendu bien agréable qui s’est terminé par de belles couleurs violines.

Un moment suspendu. Une heure de paix. Une safe place. Cette capsule de tranquillité qui permet de contempler la vie à la fois extérieure et intérieure.

Merci pour cette expérience pleine de promesses.

Veiller, prendre soin… C’était d’abord ce que je m’étais dit en revenant… Le monde en a tant besoin. J’allais donc prendre un temps suspendu (ou un temps suspendue), un moment pour méditer et envoyer des ondes positives à qui voudra les recevoir…

Et puis vint le moment d’entrer dans cette petite cellule de verre et de bois pour cette « suspension ». Rien à faire… Et tout arrive…

Que la lumière est belle en cette fin de journée entre l’hiver et le printemps. Les couleurs sont rayonnantes. La ville grouille, gronde, palpite… vit ! Me voilà prise par le spectacle du quotidien que je ne regarde jamais, rempli de mouvements, de formes, d’espaces. Et puis tout se transforme par la lumière qui disparaît lentement, les couleurs s’éteignent doucement, seul le ciel reste lumineux…

J’ai veillé pendant une heure… J’ai observé, j’ai dégusté, goûté chaque instant comme précieux… Les voilà, ces ondes positives.

Qui reçoit ? Qui donne ? Qui voit ? Qui regarde ? Qui est vu ? Veiller c’est peut-être regarder un moment, ce que l’on vit quotidiennement, regarder le monde qui est le nôtre, se rendre compte de sa beauté, être heureux d’en faire partie.

Prenons en soin…

Merci à dame Nature pour ce lever de soleil éblouissant !
Merci aux organisateurs pour ce moment « suspendu » dans le temps !
Beauvais et son théâtre : une histoire de famille sur cinq générations.
Des souvenirs et des anecdotes, des joies et des peines…

Aujourd’hui, je rends aussi hommage à ma petite Elo, partie trop tôt.

Seule, au plus près du ciel, je me concentre, j’admire, j’observe, je souris. Merci la vie !

Beauvais est réveillée, ma veille est terminée.

J’arrive dans l’abri des veilleurs avec la surprise de sa taille étroite. Une heure, debout, à observer, alors même que je peine à n’exécuter qu’une seule tâche à la fois. Vais-je y parvenir ?

Assez rapidement, je m’installe dans ma posture et décrypte le paysage et l’horizon. D’abord, il y a des lignes verticales, horizontales et diagonales qui découpent le paysage : les quatre rues qui se croisent en une intersection, les places de parking, les arêtes des bâtiments, les tours d’Argentine et leur château d’eau au loin. J’entends aussi le son puissant des mélodies des oiseaux, qui recouvrent à peine le ronron du trafic routier.

Je suis aussi interpellée par les lignes qui se meuvent : les véhicules, les bus, les gens qui marchent sur les trottoirs. Seuls les oiseaux, les enfants qui courent et les marcheurs qui traversent la place devant le théâtre suivent des formes anarchiques, un peu comme celles de la cime des arbres et des nuages.

Au fur et à mesure, les lumières artificielles prennent le pas sur celle du soleil, qui décline peu à peu. Mes paupières deviennent lourdes, je commence à ressentir toutes les micro-douleurs de mon corps. Je suis de plus en plus vue et observée par les passants. J’en éprouve une certaine gêne. En même temps, cela m’oblige à tenir debout, maintenir le regard pour être à la hauteur de tous ceux qui sont passés avant moi et de ceux qui passeront après.

Beauvais,

Chaque jour, à l’aube, derrière sa paupière de verre, une âme.

Ta cathédrale n’est plus seule à tendre son oreille séculaire, elle a une nouvelle petite soeur. Toute blanche, elle se dresse à côté d’un autre choeur. Son ventre accueille et recycle les peines et les douleurs, tu la sens palpiter.

Aujourd’hui, elle a vu peindre une nouvelle journée, le soleil aux lèvres roses colorées, avait au coin de sa bouche, de clouté, un peu de bleu de ses rêves dont il s’est délecté.

J’aperçois ça et là des yeux blancs et ronds de cyclopes sur des poteaux plantés.

Beauvais, est-ce vraiment toi qui veut tant voir sans rien regarder ?

(Chris, tu as noté, encore plus de caméras braquées qui surveillent je ne sais quel danger ?)

Une expérience amusante en ce dimanche 15 mars. Merci de m’avoir invité en haut de ce théâtre pour observer la ville de Beauvais.
Heureux d’avoir pu veiller sur la ville qui a vu naître Alice, Louise et Caroline.

Passer une heure de solitude volontaire à contempler un panorama urbain : un moment suspendu, presque cinématographique, une histoire où le son et l’image sont dissociés.

Un sentiment de mélancolie en voyant le soleil décliner. Un moment de silence intérieur s’installe. Puis une petite lumière s’allume, une silhouette : alors on imagine une nouvelle histoire qui commence. C’est déjà l’heure de revenir.

Chut… C’est magique… Une nouvelle vie commence. Merci.

Pourquoi s’inscrire aux veilleurs ?
Tu le connais, ce théâtre, depuis le temps !

Eh bien oui, je le connais. J’en connais les accès, les salles, les détails, les extérieurs, les façades…
Et surtout, ceux qui l’ont bâti.

J’ai déjà eu ce point de vue, plus d’une fois même. Mais jamais avec le temps de poser réellement mes yeux sur la ville plutôt que sur un détail de la façade.

Et pourtant, quelle vue ! Ce soir, le ciel était gris, tout comme la mine des passants sous leur parapluie.

Un vrai temps d’hiver ! Le temps semblait suspendu, figé, alors que la vie continuait tout autour : les klaxons, les pas pressés, les voitures filant dans la lumière froide.

Et malgré cette impression d’immobilité, le temps a passé bien plus vite que je ne l’aurais cru.

Merci pour ce concept qui m’a, une nouvelle fois, permis de veiller sur une construction qui restera à jamais la première emblématique de ma carrière.

Rendre le temps au temps !
Un moment agréable qui permet de se concentrer sur soi-même, sur l’observation de la vie qui reprend peu à peu. Le fait de voir le jour se lever permet d’apercevoir la ville qui s’éveille. Pour ma part, j’ai essayé de situer les bâtiments qui sont apparus peu à peu.

Une belle expérience où l’heure passe, malgré tout, rapidement !

Merci d’avoir pu me faire vivre cela depuis ce lieu magnifique.

Veille au soir.
Étrange d’être au-dessus. De voir les gens petits, avec la réflexion que nous ne sommes rien.

Le temps s’est étiré, long et court à la fois. Je pense que nous n’avons pas l’habitude de ne rien faire, juste rester là, à regarder au-dehors et au-dedans.

À bientôt.