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J’entends mon cœur qui bat sourdement dans ma poitrine et mes tempes. Je réalise qu’il s’agit du vrombissement lointain de soufflerie du théâtre.

Je regarde le soleil pâle tenter mollement de faire passer ses rayons à travers les nuages pastels. C’est le dernier levé de soleil de l’été.

Je m’ennuie un peu.

Je réalise à quel point il est devenu rare et difficile de trouver des espaces d’ennui dans notre vie de réseaux et de notifications.
Je suis heureuse de vivre pleinement ce moment d’ennui qui, je le sais, favorise l’invention, l’imagination et la fantasmagorie.

Très vite, l’ennui se dissipe, disparait tout à fait pour laisser place à l’émerveillement et la gratitude.

J’ai rejoins avec fierté les Veilleurs.

Je suis à l’heure qui vient de s’écouler, une Veilleuse ! J’ai choisi ce temps suspendu de début de soirée comme un point de ponctuation à mes activités et celles de la ville que je regarde. Je suis en vigie comme sur les toits de l’église Saint Etienne. Je suis en vigilance, je veille sur la ville, les êtres vivants humains et non vivants que je vois tout en bas. Etre en vigilance, veiller… sur moi-même, sur les autres, sur la nature qui environne la ville.

Avide de la découverte de mes sensations au début, impatiente ensuite, puis méditative et apaisée à la fin de ce temps arrêté. La nuit approchant, les lampadaires de la ville se sont allumés sous les arbres, sur le parvis du théâtre. Le cadre lumineux de ma cabine de veille s’est reflété dans la vitre, donnant à voir comme dans un tableau, la paysage de la ville mi urbaine mi boisée.

J’ai aimé méditer là, ici et maintenant.

Merci !

Une heure passée hors du temps à observer et méditer dans cette minuscule pièce donnant sur ce magnifique levé de soleil.

Ce soleil est apparu au loin, derrière les arbres. Cette lumière sortant du sol entourée de couleurs pastelles. Etre sans repère de temps jusque huit heures avec le son des cloches de cette belle église Saint Etienne.

Grâce à cette expérience des veilleurs, je me suis rendu compte que notre ville est très arborée : je me réjouis de ce poumon vert.

Les cloches ont accompagné ce levé de soleil. J’ai vraiment apprécié prendre de la hauteur sur Beauvais et prendre de la hauteur tout simplement sur ma vie. Une belle façon d’entamer ce week-end des Journées du Patrimoine.

Merci de m’avoir permis de vivre cette belle aventure et de faire parti des 730 personnes venues veiller.

Belle continuation au projet.

Aujourd’hui, la ville est en effervescence !

Entre les voitures qui se chahutent pour une place, les gens qui affluent de part et d’autre de la ville, les motos, les cars, les secours qui circulent beaucoup !

Et on entend »le chauffeur de salle » et les gens qui hurlent !

Ne serait-ce pas pour un concert ?

Et oui, le NRJ Music Tour est à Beauvais ce soir.

Que c’est bon de passer un peu de temps avec soi-même.

Cela fait du bien de ne penser qu’à soi, on ne le fait pas assez, je le recommande à tout le monde.

Prendre le temps aussi de regarder cette ville se réveiller.

Prendre le temps.

Voyage en introspection …

Plus veillé … que veilleur.

Veiller pour s’élever, se rapprocher, prendre de la hauteur et observer ce que nous sommes, nous tout petits humains face à cette immensité lumineuse et puissante …

Expérience du bruit dans la ville, de plus en plus incessant.

Immersion dans toutes les nuances visuelles, auditives au rythme de l’éveil de la nature et de l’humain.

Liberté d’être ou ne pas être là dans l’instant présent.

Liberté de réajuster notre regard et notre responsabilité face à ce bien qui nous est commun.

Eveil, réveil, veille, on devrait tous veiller pour cohabiter et non dominer …

Temps dégagé, très légère brise, lumière déclinante et couleurs presque automnales. Je prends ma veille comme je prends mon quart sur le bateau …
Veiller en constance, avec présence, regarder, écouter, ne pas laisser dériver la pensée.
Veiller pour se réveiller et s’extirper de la trépidation du quotidien.
Veiller pour s’éveiller à un autre rythme, une autre voix intérieure, une autre respiration.
Veiller pour s’émerveiller du paysage et de ses mouvements perpétuels et intemporels.
Veiller pour que la flamme de la chandelle puisse éclairer, vaciller et ne pas s’éteindre.
Veiller pour que l’essence de l’art et du théâtre perdure dans notre civilisation.
Veiller …

Cage de bois, de verre.
Dualité, hauteur et peur.
Dualité, hauteur et terre.
Des toits, des clochetons.
Ciel couleur saumon.
A hauteur d’oiseaux.
Pigeons, pies dans leur ballet aérien.
Oiseaux de fer disparaissant derrière la colline.
Bruits étouffés, ville réveillée.
Bus incessants, sonores, aspirations, souffles.
Et … croassements, pépiements.
Lumière aveuglante du soleil.

Moment éphémère.

Espérer s’arrêter, oui en théorie … s’arrêter de bouger, stopper le temps, capturer ce moment à moi ! Et finalement, observer les vas et vient continuels, les jeux des enfants, le vol des oiseaux, le manège des voitures … Même les nuages viennent me saluer, même le soleil m’offre un dernier rayon, même mon esprit vagabonde. Que c’est bon de rêvasser et de s’arrêter pour une heure. Une heure pour soi, une heure dans une vie, une heure dans mon corps.

Veiller, c’est garder en mémoire cette ville qui a vécu tant d’heures plus ou moins sombres ou joyeuses. Veiller sur elle comme plein d’autres avant moi et pleins d’autres après moi.

Tellement de pensées, d’émotions, de sensations, c’est peut-être ça vibrer …

En haut dans cette »cage dorée » je pensais me ressourcer ! Je me suis vidée la tête mais je suis »K.O »! Peut être éblouie par le soleil radieux et ce ciel si bleu !

J’ai été accaparée par le bruit qui m’a »oppressée ». Il s’est atténué assez rapidement mais a continué en bruit de fond, fatiguant.

J’avais chaud, je n’ai pas réussi à me concentrer sur mon »intérieur ».

J’étais interrogative : où allaient ces personnes, d’où elles venaient, étaient-elles attendues ? Pourquoi ces enfants sont-ils encore dans la rue alors qu’il y a école demain !

Les oiseaux et insectes se sont raréfiés rapidement.

Je me suis amusée à suivre l’ombre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de soleil sur les bâtiments. Le ciel changeait au fil du temps, des couleurs magnifiques sont apparues et les nuages avaiant disparus. Le ciel semblait paisible, calme. Mais la circulation, la vie urbaine, étaient toujours en mouvement. Les lampadaires ont pris le relais.

L’heure, rythmée par les cloches, finalement est vite passée … que l’on est bien au calme !

Ce matin, le soleil à mis du temps à se lever et le ciel ne s’est pas dégagé. Ca faisait longtemps que je n’avais pas veillé ou accompagné avec un temps pareil. Nous approchons gentiment de la fin de l’été.

Je glisse mon regard dans le point de vue des nombreux veilleurs précédents. Ma curiosité satisfaite, mêlée à un petit vertige, je vois de plus en plus, j’entends des oiseaux … c’est beau !

Les lumières changent, fruit de la mécanique des astres, modulée par les troupeaux d’eau dans le ciel.
Quand vient l’heure rose, un clocher s’illumine et au mouvement des éoliennes lointaines répondent les papillonnements des insectes volant face à la vitre.

La lumière des veilleurs crée un cadre, je vois une carte postale, un tableau unique et animé. Je suis curieuse de découvrir la carte postale des autres veilleurs.

Merci pour l’accompagnement de cette veille.

Dans le silence, j’ai retrouvé mon »âme d’enfant ». Dans les nombreux nuages de ce matin, j’ai pu voir : la moitié d’un cœur, une dame qui pleurait, un crocodile, un chat qui bondissait et le Sahara …