Changé en ombre par le contre-jour, le clocher de la chapelle Saint-Joseph, dans l’axe de mon regard, m’a évoqué celui de l’église de Polička, au sud de la Bohême, plus large et bien plus haut, mais de proportions semblables. C’est dans le petit logement, tout d’une pièce, aménagé tout en haut de cette tour, qu’est né en 1890 le compositeur tchèque Bohuslav Martinů. Son père était le sonneur, mais aussi le veilleur appointé par la municipalité pour conjurer le risque d’un nouvel incendie, après celui qui avait ravagé la ville quelques années auparavant.

Dans ses mémoires, Bohuslav Martinů décrit avec une belle émotion les paysages qu’il regardait, sans jamais se lasser, du haut de ce clocher…