Une vraie belle surprise, cette expérience ! Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais après les premières minutes d’adaptation, je me suis sentie gentiment embarquée dans le flux incessant de la ville – de la vie ! –

Les avions qui décollent vont disparaître dans les nuages. Ceux qui nous rejoignent. Je ne m’attendais pas non plus à cette effervescence. Au bruit des voitures, bus, trottinettes et autres vélos, klaxons, pneus sur l’asphalte mouillé. Eh oui, il « pleuvouille » en ce mardi matin de décembre… Je me suis d’ailleurs rappelé que le 8 décembre, ce doit être la « fête de la lumière ». Je n’en suis pas sûre, mais peu m’importe… l’idée me plaît. Est-ce pour cette raison que j’aurais choisi cette date ? Peut-être, qui sait… Car, oui, en arrivant dans cette cabane perchée, j’ai été rattrapée par des vers de Baudelaire, je crois : « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »… (je ne sais plus la suite !). En ce matin d’hiver, je me suis dit qu’il fallait être un peu folle pour croire en l’arrivée du jour tant le ciel était gris et bas.

Moi qui voulais voir le lever du soleil en face, puisque nous sommes plein est, j’ai changé peu à peu mon regard. Il s’est desserré, adouci, et j’ai alors vu la lumière partout. Pas celle clinquante de l’été, non. Celle des fenêtres qui s’allument et s’éteignent au gré des mouvements des gens. Celles des phares de voitures. Des « veilleuses » aussi, non ? Je me sens accompagnée. Je suis ce ballet improvisé du haut de mon observatoire. Je fais partie intégrante de cette danse de lumière. Je vois ce que je ne vois pas d’habitude, avec tendresse.

Clin d’œil à cet homme qui marchait d’un bon pas sur le parking, en contrebas, puis a fait demi-tour pour venir caresser un arbre, puis qui est reparti l’air de rien… Tout est là, dans ce petit geste qui rend la vie vivable. Un geste de confiance, d’espérance peut-être, un geste d’enfant… Pas de celui dont on se souvient, non, de celui qui, en nous, est toujours prêt(e) à accueillir le nouveau, le possible.

Ce matin, j’ai compris que même si l’obscurité domine, il suffit de bien regarder : la lumière est là… à l’intérieur… et elle circule entre nous…

Merci de tout cœur.