Les escaliers n’en finissent plus de monter ! On ne se rend jamais compte combien les lieux sont si hauts quand on les voit d’en bas !
Là-haut, ça y est, j’y étais. J’avais peur avant. Peur d’avoir mal, de l’ennui. Mais rien et… Pouf ! Je les ai vus !La ville était triste, blafarde. Le ciel était laiteux à droite et très cumulonimbus à gauche.
Et là, le soleil derrière moi est descendu.Alors, tout s’est illuminé, embrasé. Les arbres, les façades, les toits, les flèches d’églises, les immeubles d’Argentine, impressionnantes lumières renversantes. Admirables, consternantes, et puis plus rien, le gris, il s’est mis à pleuvoir et les feux sont revenus.
Là, un arc-en-ciel magnifique dont je voyais la cime se perdre dans les nuages.
Alors, longtemps, les toits, les immeubles sont restés dans cette lumière, avec cet arc-en-ciel qui semblait battre comme un cœur. S’estompant parfois, devenant ensuite luminescent.J’ai découvert un jour que certains de ceux qui nous quittent ont ce soudain sursaut d’énergie avant de s’éteindre à tout jamais. Je suis un homme âgé. J’ai écrit ma vie pour essayer de comprendre le pourquoi du sens qu’elle avait eu. Je n’ai pas les réponses mais le jour où…
Je sais que j’irai là-bas, là-haut, pour voir une dernière fois.Les feux de la rampe…


Bruno
lun 18.05 20H34
Soir