Ce soir, j’ai veillé. Il faisait chaud, encore la canicule.
J’ai veillé en silence le temps d’une heure, comme on veille un ami cher, un souvenir précieux. J’ai veillé lorsque la ville commence à retenir son souffle et les bruits s’apaisent. Malgré tout, la ville n’était pas encore silencieuse. Un brouhaha de fin de journée.
Je travaille encore à Beauvais, mais je n’y vis plus. Pourtant, tout m’y est familier. Certaines villes nous façonnent et Beauvais est une part de mon histoire. On peut quitter une ville sans cesser de lui appartenir un peu…
Alors, pendant cette heure, je n’ai pas choisi de changer ma ville. J’ai choisi simplement d’être là. Je lui ai offert ma présence, mon regard, mon affection. J’ai offert mon regard à ceux qui marchaient en bas sans savoir qu’une présence bienveillante les regardait.C’est peut-être ça, veiller : rappeler par une présence discrète que personne n’est complètement invisible.
Quand l’heure s’est achevée, je suis repartie. J’ai pensé à ceux qui passent, qui vivent là, y travaillent, seuls ou entourés et qui, comme moi, la (re)gardent dans un coin de leur cœur.
Parce qu’il y a des villes que l’on habite et d’autres qui vous habitent pour toujours…


Carole
mer 29.07 20H39
Soir