18 h : Je pense à la veille.
18 h 45 : Je croise un homme qui perd peu à peu l’usage de ses jambes à cause d’une maladie. Je lui explique mon expérience du soir, il me dit que lui, il ne pourrait pas faire ça. Je suis en colère ! Comment est-il si facile de rendre l’art inaccessible !
À l’atelier déjà, je me suis posé la question : Vais-je poursuivre, vais-je cautionner ? Mais comment agir si je ne suis pas à l’intérieur de la boîte ? À l’intérieur, la porte est ouverte, il fait chaud et les mots peuvent sortir…
Je suis en colère ! Je les écris pour que cela ne se reproduise plus.
Un veilleur se détermine donc par sa posture motrice, il tient bien droit sur ses deux pieds. S’il en a des assez costauds pour monter toutes ces marches.
De l’apparence, ce que les autres voient de dehors, comme le reflet à l’infini du miroir de la loge des veilleurs, façon Leandro E., exposé actuellement au Grand Palais.
Et de l’autre côté du miroir, de l’autre côté de la vitre, au-delà du reflet du cadre de lumière, façon cabaret burlesque, il y a, comme à l’intérieur de moi, l’agitation de la veille.
Des murs solides, de l’ancien, du neuf, du mouvement, prévisible ou pas, de la spontanéité, des couleurs changeantes.
Une veille pour quoi faire ? Si ce n’est pour puiser au fond de soi la force de dire que l’on doit laisser la place à tous, debout ou pas, jeunes ou vieux. Veiller et transmettre, c’est ici sans place pour les anciens, les seniors, les vieux qui ont vu plus de levers et de couchers de soleil que moi !
Merci de leur faire une place, de leur donner accès, d’accepter les corps qui ont un mouvement différent.
Merci. Bisous.


Catherine
ven 03.07 21H03
Soir