Venir de Suisse exprès pour voir le soleil se lever sur Beauvais et faire l’expérience un jour de brume, c’est déjà une expérience en soi ! Donc, pas vu le soleil, pas même vu ses lueurs. Et pourtant, l’expérience fut d’une très grande richesse.

Expérience de lâcher-prise, d’ouverture. Laisser venir, et tant de choses sont venues dans le cadre de la vitre de cet objet-abri, dans le cadre plus resserré encore formé par le reflet de la lumière (qui était derrière moi) sur cette vitre.

Juste regarder, être à l’affût de ce qui est dans ce cadre.

Plus je regarde, plus je vois des choses ; plus je regarde, plus ces choses commencent à dialoguer entre elles, à dialoguer avec moi. Le regard vague, par exemple, entre le clocher de l’église qui est devant moi et celui que je découvre loin, à l’horizon, un peu flouté derrière la brume.

… À l’affût aussi de ce qui pourrait faire irruption dans ce cadre : un oiseau solitaire, une volée d’oiseaux, ils entrent dans le cadre, puis passent. Pas de programme, pas de contrôle.

Vers la fin de l’heure, c’est un avion qui fait irruption dans le cadre. Il vient de décoller visiblement, traverse le cadre en diagonale, je le suis des yeux, fascinée par cette trajectoire. Mais bien avant d’atteindre l’autre bord, il disparaît dans la brume, dans un espace qui m’est invisible, inaccessible. Un espace de tous les possibles ? Cela fait écho en moi : cette expérience que j’ai faite juste avant la veille : la découverte d’un lieu qui jusqu’ici m’était inconnu : les coulisses du théâtre !!

Merci pour ce projet ! Cela valait mille fois la peine de venir depuis la Suisse pour voir le lever du soleil caché par la brume.