Quels souvenirs de cette expérience vont-ils rester accrochés à ma mémoire ? En commençant par la fin, les images et les sensations sont encore toutes fraîches ! Ce cadre lumineux derrière moi qui définit une fenêtre lumineuse, qui s’est précisée tout au long de ma veille : d’abord à peine visible, puis juste ébauchée et enfin très précis et très présent.En arrivant dans cette tour de veille, mon premier intérêt a été de me repérer, d’abord au loin : des collines, des clochers, des projecteurs, le stade, donc Marissel, puis à gauche le château d’eau, donjon de la ZUP Argentine, donc autour, les immeubles du quartier… Un avion, l’aéroport n’est pas loin.
Le regard se pose ensuite sur le quartier le plus proche, un « morceau » de l’église Saint-Étienne, l’allée qui mène au théâtre et toutes ces constructions, ou plutôt reconstructions.
Comment ne pas penser aux destructions, bombardements et ruines engendrées par la guerre ? Plus une maison ancienne, pas de vestiges visibles pourtant si près du centre-ville, qui n’a pu que s’animer de toutes les mémoires des différentes transformations et évolutions de la ville. Comment ne pas penser aux ruines de ces autres villes dont les images m’obsèdent aujourd’hui, dans ces pays en guerre proches ou plus lointains…Je passe à d’autres sensations et d’autres émotions. La vie de la ville est très calme en cette fin d’après-midi, peu de circulation et peu de piétons en cette période automnale et douce aujourd’hui. J’ai pu observer la danse des véhicules sur le parking, à la fois veilleuse visible et invisible, imaginant l’ignorance ou la conscience de ma présence selon les personnes que je voyais. S’arrêter et jeter un coup d’œil, marcher sans me voir, tourner en voiture pour trouver une place, ne sachant pas que j’étais là, veillant, et que j’aurais pu les guider. Une fumée sur le toit d’un immeuble empoche mon regard ; dans le ciel, des oiseaux solitaires, des nuées sur un tableau de nuages évoluant au fil du temps : du bleu au violet, puis au rose et enfin au gris, reposant…
Le temps a passé vite, les lumières se sont allumées aux fenêtres, dans les rues, sur le chemin du théâtre, les lumières festives ou simplement utiles. Moment trop riche et varié pour une seule page… Qu’en restera-t-il ?
Merci !


Danièle
mar 09.12 15H54
Soir