Il pleut sur Beauvais…

Pas de couleurs époustouflantes ce matin-là, un épais manteau gris enveloppe la ville. La veille commence. Il fait bon dans cet objet-abri, ça sent bon, la lumière est douce, on se sent protégée. Alors, à moi de veiller.

La ville se prépare pour une nouvelle journée : énormément de bus, des écoliers, des voitures qui tournent désespérément sur le parking du parvis pour trouver une place, quelques maîtres avec leurs chiens font une promenade matinale. Bon, pas de dangers apparents. Mon regard se lève, il parcourt les immeubles, les toits et va vers le ciel. Les oiseaux sont déjà là, quelques-uns commencent à chanter, les avions sont là aussi, nombreux, très nombreux. Et juste en face de l’abri, l’église de Marissel. Y a-t-il quelqu’un qui veille sur la ville de l’autre côté ?

Finalement, veiller, c’est peut-être prendre de la hauteur, prendre du recul (Beauvais est fait pour ça) et, de cet endroit-là, être attentive au détail, au présent, au lien avec la ville et chacun de nous à travers elle, tisser avec la nôtre.