Je n’aime pas les villes. Alors quelle idée m’a pris de venir « veiller » sur l’une d’entre elles ? Cette soirée a été finalement particulière pour la Picardie et pour moi.
La neige ici est si rare qu’elle a été l’événement de ma veillée.
Tout d’abord, on se demande ce que l’on vient faire dans cette petite boîte au sommet du théâtre pour observer ce ballet urbain. L’odeur du bois nous plonge l’esprit dans la nature, réconfortante, et celle-ci nous rappelle qu’elle est bien présente en virevoltant sous forme de milliers de flocons sous nos yeux.
J’observe trois plans : le premier étant ce rideau de flocons qui tombent de façon plus ou moins continue. Je m’amuse à suivre certains flocons dans leur chute.
Le second plan est le plus ancré et le plus bruyant. On entend ces voitures qui roulent sur une soupe de neige grise que l’on finit par oublier durant l’heure. Sur le parvis du théâtre, tous les passants glissent sur les mêmes bandes rugueuses blanches. Certains dégivrent les vitres de leur voiture avant de partir. Le plus beau fut l’émerveillement et l’insouciance des enfants qui font des batailles de boules de neige, qui se jettent dans la neige pour y laisser des traces d’anges. D’autres forment des cœurs en marchant sur le sol ou écrivent des messages secrets dans la neige sur les capots des voitures. Il faudrait que l’on garde tous un peu de cette insouciance au lieu de marcher comme des petits soldats dans notre unique direction.
Enfin, le dernier plan nous offre à voir les toits des maisons ainsi que les immeubles au loin, figés, glacés dans le paysage et la brume. Seules les fumées des cheminées brisent ce tableau.Je suis contente d’avoir eu l’opportunité de veiller sur Beauvais afin, peut-être, de me réconcilier avec les villes. Merci.


Emilia
lun 05.01 16H09
Soir