Je cours, je suis fatiguée, mon corps me le dit. J’arrive ainsi en retard à ma veille, enfin quinze minutes avant ; je m’étais jurée d’être à l’heure.

Enfin, j’entre dans ce moment suspendu que j’attendais. Une heure pour veiller, mais sur qui ? Sur la ville ? Sur les gens qui passent ? Ou sur moi-même ? Un peu des trois, finalement !

Un peu déçue par la vue sur la ville, j’ai alors regardé les gens… Que font-ils ? Où vont-ils ? Seuls ou accompagnés, ceux qui promènent leurs chiens, les collégiens qui crient et courent, ceux qui me font coucou ! Beaucoup de voitures et peu de piétons, dans cette ville où les trottoirs et voies piétonnes se font rares hors du centre.

Quelques oiseaux : ils sont partis, c’est l’hiver. Les avions, une étiquette Beauvais !

Et puis moi, et mon chemin parcouru depuis ces cinq dernières années, qui m’amène ici, comme un aboutissement, un arrêt dans le temps.

Rester ou repartir, peut-être ; mais d’abord prendre le temps de veiller sur moi, les autres, mes proches et tout ce qui m’entoure : la vie.