J’ai veillé Beauvais, ma ville, comme on veille un enfant malade, avec attention, affection et bienveillance. Sauf que ma ville, elle n’est pas malade, elle est même bien vivante : c’est le constat que j’ai eu le privilège de faire aujourd’hui, ce soir, du haut de mon perchoir d’un soir…
Ai-je besoin de préciser que l’enfant de Beauvais, c’est moi, celui qui y est né, qui y a grandi, qui y vit, qui y travaille et qui y a fondé sa belle famille ?
Aujourd’hui, de là-haut, seul, silencieux, presque immobile (finalement tout ce que je ne suis habituellement pas), j’ai observé cette ville que je connais par cœur sans parfois la reconnaître ni m’y situer.
J’y ai vu toute la vie qui s’en dégage : ses toits, ses lumières, ses habitants qui circulent, ses églises ou encore son château d’eau emblématique, qui a veillé sur moi toute mon enfance.J’ai vu Beauvais de haut, mais sans la prendre de haut… Faire un bond de quelques mètres pour finalement un autre bond en arrière de quelques années !
C’était donc ça, le mouvement voulu par notre chorégraphe, Mme Leighton.L’heure est venue de quitter cette jolie expérience. Cela ne se fera pas sans que ce château d’eau de mon enfance ne s’illumine comme un clin d’œil à son observateur du soir.


Éric
ven 30.01 16H45
Soir