Une heure, une vie.
Le soleil se lève, la lumière jaillit, une émotion est déjà là, affleurante, comme si j’étais venue avec elle et qu’elle n’attendait que ce jour nouveau pour se montrer.
Je vois le cadre. Je vois le cadre et je ne me vois pas, moi. Je ne vois que le soleil, cette vie est en dehors du cadre. Je décide de sortir du cadre. Je décide d’aller vers la vie, vers moi. Je me libère. Je sors de mon cadre, j’enlève des couches, des carcans, je me libère.
Le soleil brille, je vois le cadre pâlir, je vois le reflet de ma peau, la peau de mes narines, de mon cou, je devine à peine les ombres et les lumières des traits de mon visage, et là, je vois briller devant moi un minuscule point lumineux : le reflet du soleil dans mon œil gauche.
Je la vois, je me vois, l’émotion est intense, totale. C’est si petit et c’est là. Il me faut être si attentive pour la voir, pour me voir. Je suis là, je me vois, je ne me lâcherai pas.
Une nouvelle heure, un nouveau jour, une nouvelle vie.


Julie
mer 04.03 7H26
Matin