Que c’est plaisant de prendre le temps ! De ralentir, de s’arrêter, pendant que tout le monde continue de s’agiter !

Au début, j’avais peur de la solitude, que l’heure soit trop longue, qu’il fasse trop chaud, trop froid… Mais depuis mon perchoir, aussi chaleureux que vertigineux, j’ai finalement vite apprécié de me perdre dans mes pensées, de me surprendre à sourire. Je me suis amusée à « espionner » les jeux de deux collégiennes, les manœuvres plus ou moins adroites des conducteurs pour se garer sur le parking du théâtre, les gens pressés de rentrer chez eux, ceux qui, comme moi à cet instant, prenaient leur temps.

Puis, j’ai levé les yeux vers le ciel, je n’avais pas encore vu d’oiseaux, et ils sont arrivés. Deux nuées qui s’entrecroisaient, la chorégraphie était au point. J’ai encore souri. Il y avait peu de vent, les nuages bougeaient lentement. J’ai fermé les yeux un moment, je me suis écoutée respirer. J’ai rouvert les yeux. Mes deux gros nuages s’étaient drôlement éloignés. Ils n’étaient pas si lents, finalement. On frappe à la porte, c’est déjà fini. Elle n’était pas si longue non plus, cette heure, finalement.

J’ai passé une heure à regarder, mais pas seulement. Je me suis offert une vraie pause, en veillant sur ma ville natale, pour mon anniversaire, et c’est le plus beau cadeau que je pouvais m’offrir.