Quand j’ai entendu parler de ce projet, j’ai tout de suite pensé au Baron perché d’Italo Calvino et à Cosimo, qui monte dans les arbres pour mettre la juste distance entre lui et le monde.

Et l’idée de ce projet, de veiller du haut d’un théâtre, un lieu de culture, symbolise exactement cela : la nécessité de prendre un peu de distance pour mieux comprendre les choses du monde.

Là-haut, je n’étais pas seule à veiller : il y avait des veilleurs qui étaient là bien avant moi. Des centaines de veilleurs en pierre et des veilleurs vivants, les oiseaux.
Une chose qui m’a frappée, c’est que, quand on veille, les gens en bas ne le savent pas. Veiller, c’est donc aussi être un témoin silencieux.

Pour bien voir les choses du monde, on a besoin de hauteur et de voir clair.
Quel jour merveilleux que le 13 décembre (jour de la Sainte-Lucie, jour de la lumière, « luce » en italien) pour participer à cette œuvre collective.