Le jour était levé quand je suis arrivée. Une promesse de beau temps et de clarté.
Le ballet des voitures, le pas pressé des passants se rendant où on les attend, une journée banale.
Petit à petit, le brouillard a pris possession des lieux, et cette journée a basculé dans l’obscurité. J’ai ouvert la porte pour m’assurer que ce n’était pas la vitre qui était obstruée par l’humidité. Non, tout venait de dehors, et tout s’est effacé.Ma présence a pris tout son sens : j’étais la veilleuse, celle qui voyait ce qui pouvait surgir et pouvait peut-être alerter. Veilleuse vigilante, coupée de tout mais tellement proche. J’avais une tâche, j’avais un devoir. J’étais la seule à savoir qu’au-dessus, la lumière était toujours là. J’aurais voulu que les rares passants lèvent la tête pour que je puisse leur dire de ne pas baisser les bras : la lumière est toujours là.
Je veille, tu veilles, nous veillons. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons veiller les uns sur les autres.


Marie-Claire
lun 02.02 8H20
Matin