J’arrive dans l’abri des veilleurs avec la surprise de sa taille étroite. Une heure, debout, à observer, alors même que je peine à n’exécuter qu’une seule tâche à la fois. Vais-je y parvenir ?
Assez rapidement, je m’installe dans ma posture et décrypte le paysage et l’horizon. D’abord, il y a des lignes verticales, horizontales et diagonales qui découpent le paysage : les quatre rues qui se croisent en une intersection, les places de parking, les arêtes des bâtiments, les tours d’Argentine et leur château d’eau au loin. J’entends aussi le son puissant des mélodies des oiseaux, qui recouvrent à peine le ronron du trafic routier.
Je suis aussi interpellée par les lignes qui se meuvent : les véhicules, les bus, les gens qui marchent sur les trottoirs. Seuls les oiseaux, les enfants qui courent et les marcheurs qui traversent la place devant le théâtre suivent des formes anarchiques, un peu comme celles de la cime des arbres et des nuages.
Au fur et à mesure, les lumières artificielles prennent le pas sur celle du soleil, qui décline peu à peu. Mes paupières deviennent lourdes, je commence à ressentir toutes les micro-douleurs de mon corps. Je suis de plus en plus vue et observée par les passants. J’en éprouve une certaine gêne. En même temps, cela m’oblige à tenir debout, maintenir le regard pour être à la hauteur de tous ceux qui sont passés avant moi et de ceux qui passeront après.


Mathilde
lun 16.03 17H59
Soir