Je suis pris d’une grande émotion lorsque j’entre dans la belle cabine en bois. Je suis ému par la somme des efforts et des volontés mises en œuvre pour qu’advienne ce projet fou. Vraiment touché par ma responsabilité, comme à chaque fois que je vais voter.
Je vois mon reflet flotter en face de moi dans un paysage gris, encadré par le reflet des néons. Il n’y aura pas de lever de soleil flamboyant. C’est comme ça. Mon regard devra se nourrir des détails et des subtilités. Cette clarté qui avance depuis la gauche. La disposition des chaises autour de la table dans la cour en contrebas, et la chaise à l’écart des autres. La fumée domestique à droite.
Le regard s’aiguise et sans que je m’en aperçoive, le ciel prend cinquante nuances, et se teinte discrètement d’orange, de violet, de bleu.
J’ai envie d’y voir une métaphore : veiller sur le monde, prendre de la hauteur. Mais je ne vois rien que des vies endormies, des guerres économiques, idéologiques, sociales, des atrocités en cours. La ville est paisible tandis que les fonds de pension détruisent la planète et les humains avec.
Et surtout, qu’il est difficile de rester debout malgré le mal au dos et l’ennui ! Mon cerveau est avide de divertissements, le vide devant moi, c’était bien à contempler 5 minutes.
Un bruit dans le bâtiment, différent de la chaufferie et des pigeons… On frappe à la porte. Tiens, c’est déjà fini.


Matthieu
dim 17.05 6H03
Matin