Cette expérience des « veilleurs » reste surprenante pour moi, dans la mesure où, dans ce cadre où rien ne semble se passer, on ressent curieusement une forme de renaissance au lever du soleil. Peu à peu, celui-ci transforme le paysage : il modifie les couleurs du ciel, révèle les reliefs, puis, avec l’éblouissement de ses rayons, finit par tout envelopper.
Durant cette petite heure passée immobile, je mesure combien le temps qui passe vient alourdir le corps, pourtant immuable. Dans cet immobilisme naît une perception douce du corps qui, tel un roseau, se plie tout en restant debout.
J’ai pu apprécier, à travers le paysage, l’église de Marissel, isolée, fière de pointer son clocher vers le ciel, ainsi que, sur son côté, les projecteurs éteints du terrain de football et les quatre tours d’Argentine accompagnées du château d’eau.
Voilà une petite description de ma participation aux Veilleurs.


Michel
jeu 18.06 5H43
Matin