Nous nous plaçons dans un box comportant parois, vitres, lumières, chauffage et ventilateur, pour une veille d’une heure. Nous conservons nos privilèges tout en contemplant une partie de la ville. Est-ce nécessaire de disposer d’autant de choses pour un temps aussi réduit, lorsque nous savons qu’au sein même de cette ville, des personnes vivent dans des logements insalubres, voire n’en disposent pas.
Ce box de veilleurs pourrait être agrandi et offrir à certains dans le besoin une protection non négligeable.
Nous veillons sur une partie de la ville qui offre un paysage architectural agréable à l’œil, même si certaines personnes pourraient trouver à redire quant à la vision architecturale de certains quartiers aux abords du centre-ville. Sommes-nous conscients de ce que nous voyons et aurions-nous une posture similaire si le paysage architectural était différent ? Dans un autre endroit, nous pourrions veiller et contempler des ruines, des déchets, des pertes diverses. À ce titre, serions-nous aussi sereins à l’idée d’être où nous sommes à l’instant T ?
Ce box possède une porte nous isolant en grande partie de la ville. En l’ouvrant, nous pouvons écouter son souffle, ses mouvements, nous permettant ainsi de vivre au plus proche de ce qu’il peut se passer sous nos yeux tout en étant en hauteur, isolés d’une partie du vivant.
Cette veille me rappelle combien je suis privilégiée et combien la ville que je contemple l’est également. Le projet artistique à l’initiative de ceci nous pousse, à mon sens, à rester dans notre entre-soi, sur nos sécurités compte tenu de nos capitaux économiques et culturels.
N’est-il pas plus sage, voire pertinent, d’aller en profondeur des choses plutôt que de rester en surface ?
Les couleurs du ciel étaient agréables, les nuages qui le poursuivent offraient un certain relief à celui-ci.


Morgane
ven 31.07 20H36
Soir