Théâtre de ma ville… Théâtre dans le théâtre, « les Veilleurs », c’est un spectacle solitaire, un seul en scène : passage en loge, concentration, respiration. Au bout du 6ᵉ, l’abri devient scène. Le reflet des LEDs sur la vitre fait illusion d’un miroir de music-hall.

Je suis entourée de lumières ?! Que le spectacle commence : immobilité, personne, ville déserte, pas un bruit, silence… En l’espace de quelques minutes, changement, danse alternée de bus, de voitures… Les bus bleus toujours présents colorent les rues. Bruit. Ballet volant d’oiseaux en duo, solo, en groupe. Décor de ma ville, je constate que les tours de la ZUP Argentine sont immenses et donnent l’impression de surveiller, de faire bloc.

Lumières, cette mer de nuances, de changements, d’intensité. On passe du gris à la brume, tristesse, halo de clarté… Intacts, les nuages rythment, accélèrent cette toile. Sensations de raideur dans le corps, chaud, froid… Pensées personnelles qui me traversent, larmes… Puis joie, un couple me fait signe : « coucou, coucou » tous les deux ? Je souris, c’est drôle, des spectateurs : prise de conscience de ma veille. Je suis là, bien là présente : veilleuse en mode silencieuse, éclairée par la solitude de l’instant, une veille à soi.