Veiller l’humanité du monde. Se retirer, s’isoler pour s’ouvrir au monde. Le projet des Veilleurs m’a fait penser à un cloître et à son paradoxe évident, se centrer pour mieux se décentrer.
En offrant la possibilité à tous et à toutes de vivre un acte artistique, j’ai trouvé que le projet des Veilleurs permettait de voir l’art et position de l’artiste autrement.
Plutôt qu’un être autocentré, il s’agit plus au contraire d’un être totalement altruiste. L’artiste veille sur le monde, sur notre humanité, comme un garant de cette dernière. Qu’on soit touché ou non, au courant de son activité ou non, l’artiste travaille, exprime ses émotions et les partage ou simplement les dépose quelque part.
En tant que plasticien, cela m’a fait beaucoup de bien de sortir de mon travail quelques minutes, de rentrer sincèrement dans celui de quelqu’un d’autre et de découvrir cet altruisme inerrant au métier d’artiste. En me focalisant à chaque fois sur une personne qui passait en contre bas, en lui souhaitant de façon confiante que sa journée allait être bonne, j’ai senti comme un pouvoir, celui de l’attention, du soin.
Sur le papier, je me rends compte, œuvre toute l’année, à comprendre l’humanité de l’artiste, à offrir à voir ce cheminement et préserver d’une certaine façon notre essence et peut-être, j’espère, contribue à la préserver des menaces du monde et de l’homme lui-même.
Merci beaucoup, Joanne.

