En arrivant à pied au théâtre ce matin, j’ai pensé que ça n’avait peut-être pas été le plus judicieux de choisir de veiller un 28 novembre pour pouvoir observer le ciel et le paysage. Autrement dit j’étais un peu grognon. « Une heure au lever du soleil », oui mais quand le soleil décide de ne pas se lever…

Je suis restée dans un gros coton gris du début à la fin, ce n’est pas le ciel qui m’a tenue occupée pendant cette heure de veille. La première chose qui m’a frappée c’est l’omniprésence des voitures, garées, qui circulent leurs lumières et surtout leur bruit incessant. J’ai repensé au fait que l’on accorde plus d’espace à nos voitures qu’à notre propre logement dans nos villes, particulièrement visible depuis mon perchoir.
Je me suis laissé aller dans l’observation de l’église St Etienne et la finesse des colonnes de ses vitraux. Un petit moucheron est venu me tenir compagnie en remontant la vitre de l’abri. J’ai essayé de faire ami ami sans trop de succès.

J’ai pris le temps de m’approprier mon petit habitacle : la texture du bois donne l’impression d’un pelage, le vernis du plafond colle un peu, la porte s’ouvre dès qu’on la touche. J’ai tenté quelques vocalises pour tester l’acoustique (oui j’ai eu un petit moment d’ennui). J’ai eu l’impression que chaque veilleuse et veilleur reçoit à un moment de sa veille un pigeon : est-ce que c’est toujours le même ?

Mon ressenti de cette veille est assez ambivalent : quelques frustrations, des petits moments suspendus. Dommage qu’on puisse veiller qu’une seule fois…