Je l’ai fait. J’ai fait cette expérience d’être suspendue dans le temps, éveillée sans objectif ni projet, juste être là pendant une heure pour accompagner la course du soleil avant la nuit…

J’ai imaginé 1 h de calme, de silence que je voulais savourer, mais je suis obligée de me rendre à l’évidence… Ni ma tête, ni mon corps n’aiment l’immobilité…

Je suis passée par un certain nombre d’émotions. La curiosité de découvrir cet objet-abri, la découverte de la vue… La patience des premiers moments à chercher une posture confortable, puis l’inconfort de ne pas réussir à me sentir détendue, à ne pas lâcher prise pour en profiter. L’agacement, par moments, de ne pas mesurer le temps qui passe, la surprise de se voir saluer par un joggeur qui doit avoir connaissance des veilleurs, puis le soulagement de voir enfin la pénombre apparaître et de finir cette veille.

Alors je l’ai fait. Je ne saurais dire si j’ai aimé, mais j’ai fait l’expérience de cette expérience. À l’aube de ma 41ᵉ année, puisque c’est mon anniversaire aujourd’hui, je vais donc me faire le cadeau d’accepter que je suis faite pour le mouvement et que, pour autant, même si veiller m’est coûteux, j’ai d’autres talents, même celui de contempler le monde en mouvement !