Veiller = mot, verbe que j’affectionne. Veiller pourquoi ? Pour qui ?
Dans ma vie, en tant que maman, j’ai veillé mes enfants chaque fois que nécessaire, j’ai veillé sur eux. En tant que fille, j’ai veillé mon papa et recueilli son dernier souffle ; je veille sur maman, âgée de 90 ans et bien malade.
En tant qu’hospitalière, j’ai veillé sur des malades, à Lourdes, pour leur confort, leur hygiène, leurs repas et leurs nuits.
Dans mon métier, en tant qu’assistante sociale, j’ai veillé sur des personnes fragiles, porteuses de handicap, victimes d’un accident de la vie.
Et aujourd’hui, j’ai veillé sur Beauvais, la ville où j’habite, et sur ses habitants.À mon arrivée, une légère angoisse… Que suis-je venue faire ?
Puis, une fois dans l’abri des veilleurs, la paix m’a progressivement envahie. J’ai observé : le ciel blanc (il ne fait pas très beau aujourd’hui), quelques passants, des autos et le ballet des derniers bus.
Puis progressivement, des lumières qui s’allument : d’abord dans des logements, puis sur les perrons de l’immeuble d’en face, puis des réverbères, au loin, puis les réverbères de la rue et enfin les réverbères de la place du théâtre…J’ai vu mais je ne me sens pas « voyeuse » ; je suis veilleuse.
Qui n’a jamais veillé au cours de sa vie ? Parfois, la veille amène des angoisses, des sentiments négatifs ; parfois, elle génère de la joie.
Tout dépend des circonstances, mais elle ramène toujours à soi, à se rencontrer, à prendre conscience que l’on « est » au milieu des « autres » parce que l’autre existe.


Betty
mar 05.05 20H16
Soir