Le soleil descendait lentement, comme s’il hésitait lui aussi à partir. La ville poursuivait son rythme habituel sous mes yeux, inconsciente de la cérémonie silencieuse qui se déroulait au-dessus d’elle. Je me tenais là, suspendue entre la lumière et la nuit, sentant le temps s’étirer d’une manière rare.

Il y avait quelque chose d’intime dans le fait d’observer la fin du jour de mon anniversaire. Ce n’était pas seulement une fin, mais une reconnaissance silencieuse : de ce qui est passé, de ce que j’ai porté, de ce qui, en moi, s’est adouci ou renforcé.

Il y a trois ans, cet endroit m’était inconnu, presque lointain.

Et aujourd’hui, me voilà en train de regarder le coucher du soleil à Beauvais, avec un sentiment que je n’aurais pas imaginé aussi fort : celui d’être installée, ancrée.

D’appartenir, à ma manière.

Alors que le ciel s’assombrissait et que les premières nuances du soir s’installaient, je me sentais à la fois petite et profondément présente. Une année de plus derrière moi, un nouveau départ devant moi, mais ici, dans cette heure, il n’y avait rien à mesurer.

Juste observer.

Juste être.