Quelle expérience étonnante, véritable temps suspendu (au sens propre comme au sens figuré) avec soi-même, face à l’immensité de la ville et du ciel ! Rien n’est figé, pas même les façades des immeubles ou de l’église Saint-Étienne, qui évoluent au gré de la lumière descendante du soleil. De là-haut, on a l’impression de tout dominer, de tout voir, que rien ne peut nous échapper. Quelle erreur ! Il y a trop à observer et mon attention papillonne. Des passants me saluent, sans doute familiers depuis bientôt un an que les veilleurs sont là, matins et soirs, de leur présence… J’oublie mon vertige, ne tangue pas dans mon poste d’observation réduit, sorte de cellule, mais non pas faite pour emprisonner, loin s’en faut, faite pour s’ouvrir à son environnement intérieur, comme géographique.

Merci pour ce moment étonnant, où l’ennui est absent, où plus rien ne compte que le moment présent, nettoyé de toute contrainte, libre, finalement hors du temps.