En rentrant dans le lieu, quel effet de ressentir ce silence et cet isolement. Quand on commence à observer, finalement tout grouille et se déplace : piétons, vélos, voitures, même la lumière qui, au gré du vent et des nuages, fait percer le soleil tel une poursuite se déplaçant sur la ville. Au fil des minutes, la vision remonte tranquillement et le regard se pose sur les quartiers plus éloignés, immobiles. Enfin presque : en y portant plus d’attention, on distingue des phares de voitures en mouvement et des lumières dans les appartements.
Soudain, je me rends compte que cette expérience de veille a commencé bien plus tôt que je ne pensais. Cette montée dans l’escalier interminable et hypnotisant m’a extrait de la réalité et placé dans ce cocon, cet abri. Je suis observateur d’un moment, comme en pause dans ma propre vie, invisible aux yeux des autres et pourtant si exposé au monde.
Invisible, vraiment ? Qu’il est bon de se rendre compte que, si tous les gens sont soi-disant déconnectés du monde réel, finalement ils sont très nombreux, ceux qui observent, prennent le temps et ont même fini par m’apercevoir.
Au fil de l’expérience, tout s’accélère. Le défilé des personnes et des voitures n’est plus qu’un flot continu. Du chaos naît la fluidité de cette scène, montrant que tout est nécessaire et important : le moindre petit changement aurait bousculé plusieurs dizaines de choses autour. Cette expérience montre à quel point il est important de « s’ennuyer » et de ne rien faire par moment, car du néant surgit la réflexion, l’observation et la créativité. Et en fin de compte, le temps passe vite quand on s’ennuie.


Maxime
ven 06.02 16H57
Soir