Veilleuse à l’aube du 1er mai

La nuit se retire doucement,
Et je me tiens là, veilleuse comme l’ombre et la lumière au soleil levant…
Ici à Beauvais…
Les pierres gardent la mémoire des pas anciens.

Ma famille a connu la guerre, les peurs, les absences, la faim…
Et pourtant la vie a persisté…
Fragile, tenace, lumineuse et solidaire.

Ce matin, je me tiens debout devant ce ciel rouge.
Je me tiens debout pour eux, pour leur courage discret, pour leur espérance intacte, pour leur espièglerie d’enfants, pour leur humilité.

Le soleil se lève, sans bruit, comme une main chaude posée sur le monde.
La lumière glisse sur les toits, s’accroche aux fenêtres, effleure le paysage et réveille doucement les cœurs. Les oiseaux valsent dans le ciel bleu avec légèreté.

Peut-être que le bonheur ressemble à cette lumière. Il ne force rien, il apaise, il frôle, il enveloppe, il réchauffe, il révèle…

Alors en ce matin du 1er mai, je dépose des graines invisibles, des graines de paix, de douceur, d’espérance et de vie.
Qu’elles voyagent dans les rues, qu’elles se posent sur les épaules fatiguées, qu’elles entrent par les fenêtres entrouvertes et fleurissent là où nous ne les attendons plus…

Et tandis que l’aube ouvre le ciel, je fais ce vœu :
Que le jour naissant devienne une rivière d’or et que nos cœurs apprennent à y apprivoiser la douceur du monde ! Prenons soin de cette lumière, que le jour s’ouvre dans nos cœurs.