Ce matin, j’ai veillé sur Beauvais et j’ai assisté à la naissance d’un jour.
Ce matin, j’ai entendu le murmure du monde enfler progressivement et j’ai accueilli les premières lueurs du monde.
Ce matin, sous mon regard de veilleur, les réverbères se sont éteints, les premières voitures ont ronflé, les premiers passants ont foulé les allées proches, promenant parfois un chien impatient. Le premier grondement d’un avion a rugi avant de couper le ciel d’une franche diagonale.
Ce matin, j’étais seule devant le monde. J’étais au monde.