Telle une vigie, je veille Beauvais : la montée du jour et l’éveil de la ville.
Je guette le soleil ; pour l’instant, le ciel est d’une douce couleur bleu clair, se dégradant vers le rose à l’horizon : beau et apaisant.
Les cheminées expirent leur fumée, les bus de la ville entament leur tournée : inspirent et expirent à mesure qu’ils accélèrent. Mon souffle, près de la vitre d’observation, forme une légère buée.
Quelques oiseaux chantent, les traînées des avions forment un tranquille ballet dans le ciel, et la lumière s’intensifie doucement. Soudain, je me prends à douter : l’orientation de l’abri va-t-elle me permettre de voir le lever du soleil ? Serai-je trop dirigé vers le nord, vais-je manquer ce spectacle ?
Et puis le voilà qui sort après quelques minutes : une lueur rouge derrière une colline au loin, magnifique. Les premiers instants sont les plus beaux : le ciel change de couleur, l’astre grimpe rapidement, trop vite à mon goût.Y a-t-il quelqu’un là-bas, dans la nature, observant le même spectacle que moi ? J’espère. Combien de personnes prennent parfois le temps de profiter de cet instant ? Sans doute trop peu.
Je me dis qu’on devrait s’offrir un lever ou un coucher de soleil toutes les semaines.


Stéphane
ven 27.02 7H36
Matin