C’est quand les lumières des lampadaires s’allument que l’on prend conscience que la mission est terminée. Pas le temps cependant de perdre la notion du temps, justement : l’église rythme les quarts d’heure au son de la cloche et nous fait revenir au réel.
Sentiment de plénitude à la fin. Mais vrai voyage de la mort (le vertige, l’attrait vers le bas) à la résurrection.
La mort : l’objet-abri est un cercueil, celui de Blanche-Neige, avec quatre planches de bois et une vitre. Au début, je m’y sens enfermé, il fait chaud, mais je décide de ne pas ouvrir la porte pour aérer. Il faudra suer quoi qu’il arrive. Et je me prends à penser à Chateaubriand, qui regardait se coucher le soleil sur un monde dont il ne verrait pas l’aube nouvelle se lever.
La vie : je touche les murs de bois, je les sens. C’est comme un cocon. Je me mets à la place de l’enfant que Bérangère, ma compagne, porte dans son ventre. L’abri devient un lieu rassurant ; l’air chaud qui l’emplit, mon liquide amniotique. Et la lumière qui décroît, et les enfants qui jouent sur le parvis du théâtre, me font renaître et retrouver l’envie de vivre, de lutter, de devenir père.
Swann
dim 27.09 18H41
Soir