Aujourd’hui, durant une heure, j’ai veillé sur ma ville.
Je lui devais bien ça.Elle qui a veillé et accueilli ma famille et bien d’autres en juin 1962, quand nous avons traversé la Méditerranée à la recherche d’une vie plus sereine.
Durant cette heure, j’ai eu la chance d’avoir un superbe lever de soleil, avant qu’il ne se fasse engloutir par les nuages.Depuis le pont de Paris et les quartiers des « toits verts » jusqu’à la ZUP Argentine, j’ai veillé. Cette ZUP que je n’imaginais pas aussi étendue alors que je l’ai connue durant mon enfance en jardins familiaux où l’on venait avec mes copains chaparder des cerises.
Tout était calme en ce début de veille, et comme nous sommes dimanche, c’est au ralenti que la ville s’est éveillée. La balayeuse de la ville s’est d’abord manifestée, puis les joggeurs, les cyclistes, les passants avec leurs chiens en laisse. Des automobilistes m’ont fait des sourires en faisant deux fois le tour du parking pour trouver la sortie. Un couple de pies s’est approché sur le toit pour voir ce que je fabriquais sur mon perchoir. Mon ami Pierre, lui-même veilleur au printemps, est venu pour prendre une photo qui va immortaliser ce moment. Merci à lui.
Aujourd’hui, 27 septembre, c’est le jour que j’avais espéré obtenir pour participer aux Veilleurs de Beauvais. Quelle déception quand, le 1er jour des inscriptions, le site affichait complet, idem le deuxième jour. J’ai envoyé un message pour faire part de ma déception. Un retour m’a informée qu’il s’agissait d’un problème technique et que le 27 septembre m’était attribué le matin.
Gros moment de joie ! Car ce matin, de très bonne heure, j’ai eu 69 ans et je souhaitais pouvoir entrer dans ma soixante-dixième année depuis le poste des veilleurs.C’est chose faite et je suis comblée.
Merci à Joanne de m’avoir permis de vivre cette heure de veille, chargée d’émotions, de symboles et de souvenirs.
Vincent
dim 27.09 7H44
Matin