Un léger crachin, les phares des automobiles, quelques parapluies qui se hâtent sur le parking, les lampadaires s’éteignent, le jour vient, la ville s’éveille, je veille.
Sur qui, sur quoi ? Sur elle, sur moi ?
Le corps s’est enfermé dans la cage de verre, tous les sens sont à l’affût. Le regard balaie de droite à gauche, de gauche à droite, prend des repères, identifie ; les toits pointus des maisons me rappellent des représentations de la ville au Moyen Âge, Jeanne Hachette, comment ne pas y songer. L’esprit vagabonde, des souvenirs remontent, là, sur ce parking, à mes pieds, une rencontre inattendue ; plus loin, dans ce bâtiment, c’est un étage de formation. L’ouïe perçoit les bruits qui montent, qui s’amplifient, bien qu’assourdis par l’épaisseur du verre.
Quelle heure est-il ? J’écoute, je regarde, inspection de la ville, introspection. Que suis-je venu faire ? Que suis-je venu voir ? Une heure de parenthèse hors de l’agitation, au-dessus de la mêlée, pour voir autrement, plus loin, pour chercher l’issue…
La porte s’ouvre, la veille est finie : étonnement, soulagement ?
Qu’ai-je appris ? Qu’ai-je vu ? J’ai vécu un temps de vacances. C’est si rare.


Patrice
mer 11.03 7H11
Matin