En ce premier soir du passage à l’heure d’été, il m’est offert de veiller sur la ville de Beauvais.
Suspendre le temps, cette unité qui rythme bien trop nos vies, et contempler…
Grimper en haut de cet abri pour frôler « l’inaccessible » et quitter un instant « l’accessible »…À mes côtés, une veilleuse bien plus imposante que moi : l’église Saint-Étienne, silencieuse, face à ce ciel gris, aux nuages quasi immobiles, dévoile ces toits tantôt bruns, tantôt vert-de-gris.
Quelques arbres aux couleurs verdoyantes attendent sagement l’éclosion du printemps.
Au loin, on aperçoit deux grues semblant envahir la ville.Quelques étourneaux, pigeons, corbeaux, tantôt seuls ou en halos, me tentent à me coller à la vitre et à prendre mon envol…
Cet envol, tout comme cet avion au départ ou au retour d’une destination inconnue…Les phares des véhicules commencent à s’allumer, quelques passants, seuls, en duo ou en promenade avec leurs chiens, défilent sur ce parvis prénommé « accessible ».
Ce parvis architectural menant du théâtre à la ville, agrémenté de pots verts tricolores, tel mon pull, donne le ton à l’éclosion du printemps. Non loin, une glycine cherchant à s’échapper d’un jardin, des haies entretenues.
L’heure s’est écoulée, un chat noir zigzague entre les véhicules du parking, le ciel vire du gris au bleu de nuit…
Il est temps de quitter cet abri suspendu et de reprendre mon rythme…


Sabrina
dim 29.03 19H19
Soir